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Arpeggione, ondes martenot, harmonica de verre et Scie musicale : à la découverte d’instruments insolites

Connaissez-vous les Ondes Marthenot, le Glassharmonica, la scie musicale, le Cristal Baschet, ou encore le piano préparé ? Vincent Delbushaye et Anne Hermant vous proposent de partir à la découverte de ces instruments étranges, insolites, rares ou oubliés.

L’Arpeggione

L’Arpeggione a été créé en 1823 par le luthier viennois Johann Georg Stauffer. L’arpeggione, ce serait un peu comme une guitare munie d’un chevalet, tenu entre les genoux comme un violoncelle, et joué avec un archet. C’est pour ça qu’on l’appelle aussi la "guitare-violoncelle".

C’est un instrument qui n’aura eu de succès qu’une dizaine d’années, et assez curieusement, pratiquement rien n’a été conservé de son répertoire spécifique, à part évidemment la fameuse Sonate Arpeggione de Schubert. À l’époque de l’arpeggione, la guitare bénéficiait aussi d’un grand succès à Vienne, et Schubert aimait tout autant cet instrument.

Les Ondes Martenot

Les Ondes Martenot, instrument de musique électronique, tirent leur nom de celui du caporal Maurice Martenot, qui était télégraphiste et qui a découvert le potentiel musical des ondes.

A l’instar du thérémine, inventé en 1920 par le physicien russe Leon Theremin, les Ondes Martenot sont les ancêtres des instruments de musique électronique modernes. Dans les années 1920, les ondes Martenot étaient LE symbole de l’inventivité et de la modernité. D’ailleurs Olivier Messiaen, dix ans plus tard, composera – dans le cadre de l’Exposition universelle de 1937 – un sextuor d’ondes Martenot, censé représenter le mystère de l’eau et l’éclat du feu.

Les Ondes Martenot, instrument à oscillateur électronique, se composent de plusieurs éléments : un clavier suspendu, un ruban parallèle au clavier, touche d’expression qui se contrôle de la main gauche et qui gère le volume sonore, un tiroir présentant différents timbres qui permettent de modifier et filtrer le son et enfin des diffuseurs, haut-parleurs modifiés qui permettent de diffuser toutes les spécificités du son.

Le piano préparé

Dans la série des instruments insolites, on va poursuivre avec le piano. Alors oui, vous pourrez nous dire que le piano n’a rien d’un instrument insolite. Mais ce piano-ci est spécial, car il est "préparé".

John Cage n’est pas l’inventeur du concept, mais il en est le plus célèbre et le plus génial utilisateur. Et c’est arrivé un peu par hasard d’ailleurs : un jour où il devait faire jouer l’une de ses œuvres pour orchestre à percussions, il s’est rendu compte que la scène serait beaucoup trop petite pour accueillir tout l’orchestre. D’autant que la moitié de l’espace était déjà prise par un piano à queue. Il a alors décidé de modifier la sonorité des cordes en insérant dans le piano des corps et matériaux divers. C’est ce qu’on appelle un piano "préparé".

John Cage disait que c’était "un ensemble de percussions confié aux mains d’un seul interprète".

L’harmonium

On reste dans les instruments à clavier avec une autre rareté : l’harmonium a été inventé et breveté en 1842 par Alexandre François Debain.

L’harmonium fait partie des instruments à vent et s’apparente à un orgue. Mais contrairement à son cousin, l’air soufflé dans les tuyaux est activé par celui qui joue au moyen d’une pompe à pied. L’harmonium n’a pas non plus de tuyaux, ce qui le distingue également de l’orgue.

On trouve dans le répertoire de Dvorak quelques œuvres qui nécessitent cet instrument. C’est tout simplement parce que l’un de ses amis – chez qui il faisait des concerts – ne possédait pas de piano mais bien un harmonium. Ils y auront donc probablement joué ces quelques bagatelles.

Découvrez aussi : Le pianocktail : cet instrument tout droit sorti de l’imagination de Boris Vian

Harmonica de verre

Vous avez certainement déjà tenté l’expérience de faire chanter un verre en cristal, en mouillant votre doigt et en le glissant sur le bord du verre. L’harmonica de verre reprend exactement le même principe, sauf qu’il est mécanisé. Et c’est Benjamin Franklin – qui n’aura donc pas fait qu’inventer le paratonnerre - qui aura mis au point ce procédé d’harmonica de verre.

Mozart, notamment, a composé pour cet étrange instrument, qu’il a découvert l’instrument chez un ami de la famille, le médecin Franz-Anton Mesmer, qui utilisait fréquemment l’harmonica de verre dans le cadre de ses traitements basés sur sa théorie du magnétisme animal.

Mozart a notamment écrit un Adagio très célèbre pour cet instrument, mais il n’est pas le seul. Saint-Saëns, Strauss, Donizetti ou encore Bloch ont également écrit pour ce curieux instrument.

Cristal Baschet

Restons dans le domaine du chant de verre, avec le Cristal Baschet, inventé en 1952 par les frères Bernard et François Baschet. Dans ce cas, le verre ne produit pas du son mais une vibration. Et c’est cette vibration qui va se transmettre à une tige en métal, qui elle, va produire le son.

Outre la sonorité, c’est l’apparence et la manière d’en jouer qui est assez intéressante. On en joue presque comme on joue d’un clavier, sauf que les touches sont des tiges de verre et que pour en jouer, il faut mouiller tout l’instrument et caresser la touche plutôt que simplement l’enfoncer comme sur un piano.

Au niveau du son, ça donne ceci…

Le baryton

Lorsqu’on parle de baryton, on pense immédiatement au timbre de voix d’un chanteur lyrique, mais le baryton est également un instrument de musique à cordes.

Il s’agit d’une espèce de grosse viole de gambe, qui se joue donc un peu comme d’un violoncelle (avec l’instrument entre les jambes et avec un archet), sauf qu’à côté des six cordes de jeu, il y a d’autres cordes qui peuvent, elles, être pincées. Ça multiplie les possibilités évidemment.

Haydn a pas mal composé pour cet instrument – une centaine de pièces pour la bonne et simple raison que son employeur, le prince Nicolas Esterházy, qui était passionné par cet instrument et en jouait avec passion. C’est peut-être pour ça qu’à son époque, on appelait le baryton le "roi des instruments et l’instrument des rois". L’instrument est tombé dans l’oubli dès le début du XIXe siècle.

Connaissez-vous l'arbrasson ?

La scie musicale

L’instrument qui suit est assez insolite, et à vrai dire, il aura eu du mal à se faire accepter comme un "vrai" instrument. La scie musicale a longtemps été l’attribut des clowns ou de quelques virtuoses extravagants.

En France, dans les années 60, Emmanuel Brun fait partie des plus grands lamistes, joueurs de scie musicale. Pendant près de 30 ans, avec sa compagne la pianiste Paule Sagne, ils ont enchaîné créations, improvisations, enregistrements, et concerts. Yehudi Menuhin leur témoignait une sincère admiration. Écoutez-les dans un grand tube du répertoire, l’Ave Maria de Gounod, mais dans une version plus "fantomatique" que l’originale.

Et on ne peut pas terminer cette évocation des instruments insolite par l’une des œuvres pour instruments insolites la plus connue, Typewriter, la pièce de Leroy Anderson pour orchestre et machine à écrire !

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