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Mel Bonis, compositrice, femme pieuse et épouse dévouée

Mel Bonis, de son vrai nom Mélanie Hélène Bonis, est compositrice française. Elle a pris un pseudonyme neutre car le travail d’une femme en matière de composition musicale ne pouvait pas être pris au sérieux de son temps.

Mel Bonis, une artiste qui aurait pu consacrer sa vie à la musique si elle n’était pas née au XIXe siècle. Elle a reçu une éducation religieuse stricte et elle ressentira très vite une grande piétée qu’elle conservera toute sa vie. Elle va affronter avec courage et détermination les préjugés, les mœurs légères que l’on prête aux femmes qui se destinent à une telle carrière.

Mel Bonis est une artiste précoce et très vite, César Franck s’est intéressé à elle, l’inscrivant comme élève au Conservatoire en 1876. Elle a d’ailleurs partagé les bancs de l’école avec Claude Debussy. Il faut dire que Mel Bonis est née dans une famille de la petite bourgeoisie qui ne pratiquait pas la musique. C’est donc en autodidacte que la jeune Mélanie commence son apprentissage de la musique, sur le piano trônant dans une des salles de la maison familiale. C’est le musicien Jacques Hippolyte Maury, impressionné par les dons de la jeune fille, qui convainc ses parents de lui donner des cours de solfège et de piano. Maury, suivant les progrès de la jeune fille, la présentera alors à César Franck. 

Mel Bonis, épouse dévouée

Malheureusement, ses parents organisent pour elle un mariage de convenance et à l’âge de 25 ans, elle s’unit avec un riche entrepreneur, Louis Hubert Jacques Albert Domange, deux fois veuf et père de cinq enfants.

Elle devient alors une épouse docile, mais elle garde le contact avec quelques amis musiciens et continue à pratiquer la musique et elle compose surtout, entre 1892 et le début de la première guerre mondiale. Une œuvre qu’elle défend elle-même et qu’elle signe de son nom de jeune fille, son mari ne voulant pas qu’elle utilise son nom d’épouse pour son travail de composition. Elle écrit une œuvre importante, de style post-romantique. On estime sa production à environ 300 pièces. Elle touchera à tous les genres, sauf à l’opéra.

La musique de chambre occupe une place importante dans son catalogue. Le 4 juin 1905, dans le cadre de son salon, Mel Bonis dévoilait son premier quatuor avec piano, qui sera ensuite rapidement joué à plusieurs reprises, et chacun de ses concerts suscite des éloges.

Destin romanesque

Mel Bonis restera toujours partagée entre son amour de jeunesse jamais éteint pour le musicien et poète Amédée-Louis Hettich, un amour que les parents de la jeune fille n’approuvaient pas, et son mariage de raison avec Albert Domange, qui mettra son art entre parenthèses pour pouvoir se dévouer entièrement à son rôle d’épouse et de mère.

De son amour avec Amédée-Louis Hettich naîtra en 1899, dans le plus grand secret, une fille, Madeleine. Jamais, l’origine de cette enfant ne sera dévoilée, mais Mel Bonis gardera toujours un œil sur sa fille, qu’elle recueillera, au titre de filleule de guerre, après le bombardement par la Grosse Bertha de l’église Saint-Gervais, en 1918, duquel la jeune Madeleine réchappe miraculeusement.

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