Festival Musiq3

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Revivez la 15e symphonie de Chostakovitch au Festival Musiq3 2017

À l’approche du Festival Musiq3 (dans une édition spéciale adaptée aux circonstances exceptionnelles), 24 concerts issus des 9 premières éditions du festival sont mis gratuitement à votre disposition sur la plateforme Auvio. C’est l’occasion de redécouvrir la quinzième symphonie de Chostakovitch, interprétée au cours de l’édition 2017 dans un arrangement de Viktor Derevianko pour piano, violon, violoncelle et percussions.

Jouer toute une symphonie de Chostakovitch… à cinq ! C’est le défi relevé au cours de l’édition 2017 du Festival Musiq3 par le pianiste Boyan Vodenitcharov, la violoniste Shirly Laub, la violoncelliste Marie Hallynck et les percussionnistes Carlo Willems et Alexandre Esperet. Ensemble, ils ont interprété la quinzième et dernière symphonie de Chostakovitch, dans un arrangement étonnant réalisé en 1972 par Viktor Derevianko avec la bénédiction du compositeur.

Écrite à Repino en quelques semaines à peine au cours de l’été 1971, la quinzième symphonie de Chostakovitch s’inscrit dans la période musicale la plus sombre du compositeur. Vieillissant et malade, il y adopte une démarche plus introspective que dans ses autres symphonies. Il semble s’y interroger sur l’individualité, les limites de l’expression musicale et l’apparente impossibilité d’envisager encore une cohérence symphonique en cette fin de 20e siècle. L’œuvre regorge par ailleurs de citation (notamment à "Guillaume Tell" de Rossini dans le premier mouvement et à "Tristan und Isolde" de Wagner dans le dernier, mais aussi à la technique dodécaphonique) et l’on peut s’interroger sur leur signification. "Je ne sais pas moi-même pourquoi ces citations sont là", avouait Chostakovitch dans une lettre à son ami Isaac Glikmann, "mais je n’aurais pas pu, je ne pouvais pas ne pas les inclure". Une formulation dont les multiples négations soulignent toute l’ambiguïté qui caractérise cette pièce.

La version de Viktor Derevianko réduit l’œuvre à son plus simple appareil, à son essence première. Cette symphonie, orchestrée avec sobriété par Chostakovitch comme s’il s’agissait de musique de chambre s’y prêtait particulièrement bien. Le début si caractéristique au glockenspiel (unique pour une symphonie) est maintenu, tandis que l’air de flûte gazouillant qui y répond passe au piano. Mais l’auditeur étonné sera vite convaincu par la pertinence de cette transcription. Elle dépasse largement la simple imitation et devient une œuvre à part entière, captant la vision et les modes d’expression de la symphonie initiale avec une pleine autonomie.

Retrouvez ce concert d’archive et 23 autres en accès gratuit sur Auvio.

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