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Philippe Jaroussky et l’univers spirituel des oratorios italiens de la fin du XVIIe et du XVIIIe siècles

Le contre-ténor français Philippe Jaroussky était l’invité de Demandez le programme, pour présenter son nouvel album, La Vanità del mondo, un album enregistré avec l’ensemble du contre-ténor Artaserse en juin dernier, à la sortie du premier confinement, et qui se consacre aux grands airs d’oratorios italiens.

On ne le présente plus, il est l’une des stars du monde musical classique contemporain, reconnaissable à sa tessiture si particulière et sa maîtrise technique spectaculaire, le contre-ténor Philippe Jaroussky règne en maître sur le répertoire baroque. Il a fêté l’année dernière ses vingt ans de carrière et cette année, il nous propose un nouvel album, enregistré dans les conditions très particulières de la crise sanitaire, entre confinement et déconfinement.

Et à l’origine de ce nouvel album, La Vanità del mondo, se trouve l’envie de Philippe Jaroussky d’aborder des œuvres qu’il n’a pas beaucoup abordées sur disque. Et comme il l’explique au micro de Camille De Rijck, il a très peu abordé ce genre d’oratorios, et c’est d’autant plus curieux que c’est un genre qu’il affectionne tout particulièrement. "Beaucoup de gens aiment la couleur de ma voix dans les pièces religieuses, dans les motets. Parfois, c’est vrai que je me sens un peu dépassé par le dramatisme de certains opéras, et c’est vrai que je me sens un peu comme à la maison avec ce genre d’oratorios : il y a toujours une forme de distance, il y a toujours une élévation d’esprit, et ce que j’apprécie tout particulièrement chez ces compositeurs italiens, de la fin du XVIIe et début XVIIIe, c’est aussi cette grande richesse d’écriture, ce style – qu’on appelle parfois "sévère" – mais qui apporte parfois plus de contrepoints et de richesse harmonique que dans l’opéra seria par exemple."

Mais qu’est-ce qu’un oratorio ?

L’oratorio est une sorte d’opéra, mais sur un thème religieux, qui est représenté sans mise en scène, décor ou costume. L’oratorio a parfois été mis en place dans des endroits où la forme artistique de l’opéra était interdite, c’était donc une manière pour les compositeurs de composer des opéras sans vraiment en composer.

La composition d’un oratorio pouvait également être une manière, pour le compositeur, d’attirer l’attention de futurs mécènes et protecteurs.

Il y a encore énormément de partitions à découvrir dans ce genre si particulier de l’oratorio qui était si riche à cette époque et c’est la raison pour laquelle Philippe Jaroussky a décidé d’y consacrer son dernier album.

La vanité du monde

Dans ces oratorios que le contreténor Philippe Jaroussky met en lumière, il y a cette réflexion de la place de l’homme dans le monde et face au divin et face à ce qui le dépasse. Le titre La Vanità del mondo entre donc en grande résonance avec le propos du disque mais aussi avec notre époque actuelle.

"La vanità del mondo", c’est également titre d’un oratorio de Pietro Torri, dont Philippe Jaroussky chante un air dans son nouvel album. Pour l’anecdote, cet oratorio, le deuxième du compositeur italien Pietro Torri, a été créé à la cour de Bruxelles à l’occasion du carême de 1706.

Philippe Jaroussky commence l’apprentissage du violon à l’âge de 11 ans, avant de se tourner vers le piano. Ce n’est qu’à 18 ans qu’il commence à travailler sa voix, avec Nicole Fallien, le professeur du contre-ténor Fabrice di Falco. Il obtient en 2001 son diplôme de chant au Conservatoire National Régional de Paris, département musique ancienne, avec les félicitations du jury. Il a joué sur les plus grandes scènes internationales, avec les plus grandes formations baroques, comme les Arts Florissants (William Christie), les Musiciens du Louvre Grenoble (Marc Minkowski), le Concert d’Astrée (Emmanuelle Haïm), ou encore l’ensemble Matheus (Jean-Christophe Spinosi).

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