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Chantal Akerman : Marcel Croës propose un panorama de l’œuvre de la cinéaste belge

Figure emblématique du cinéma moderniste, la cinéaste belge Chantal Akerman aura marqué de son empreinte l’histoire du cinéma. Décédée en octobre 2015, Chantal Akerman laisse dernière elle des chefs-d’œuvre du septième art. Une carrière exceptionnelle que Marcel Croës décortiquera dans l’émission Demandez le programme de Camille De Rijck ce vendredi 5 février à 12h.

Du 31 janvier au 7 février 2021, tous les médias de la RTBF, Musiq3 y compris, enfilent les couleurs du cinéma belge. Les Magritte du cinéma, grande fête annuelle du cinéma belge, n’auront pas lieu cette année. Afin de continuer à mettre le cinéma belge en valeur, à l’heure où la situation sanitaire et ses conséquences sur la culture sont très lourdes, la RTBF propose sur tous ses médias une programmation 100% belge. Du côté de Musiq3, nous vous proposerons des émissions spéciales et des thématiques autour de films, comédiens et comédiennes et musique de film belges.

Camille De Rijck et Marcel Croës se joignent aux festivités en vous proposant un Demandez le programme entièrement consacré à l’œuvre cinématographique de Chantal Akerman, qui est également mise à l’honneur par LaCinetek qui propose de redécouvrir dix films emblématiques de la cinéaste belge.

Chantal Akerman, le cinéma de l’intime

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Chantal Akerman sur le tournage de son documentaire "Aujourd'hui, dis-moi" en 1980 © LASZLO RUSZKA / INA - AFP

Figure de proue du cinéma moderniste, la cinéaste belge Chantal Akerman, décédée le 6 octobre 2015 à Paris, est encore fort méconnue du grand public. Pourtant, son cinéma fut une source d’inspiration pour bon nombre de cinéastes. Retour sur sa carrière.

Née à Bruxelles en 1950 dans une famille juive polonaise, Chantal Akerman se destine tout d’abord à l’écriture. C’était sans compter sur Jean-Luc Godard et son film Pierrot le fou. Ce film est un véritable choc pour Chantal Akerman qui se dévoue alors corps et âme pour cette passion dévorante pour le cinéma.

Après un rapide passage à l’INSAS, et après son premier court-métrage, Saute ma ville, qu’elle écrit, scénarise, réalise et interprète, ou encore L’enfant aimé ou je joue à être une femme mariée, Chantal Akerman part à New York, où elle fréquente l’Anthology Film Archives et découvre le cinéma indépendant américain.

Elle va développer une création totalement indépendante. De retour en Belgique, elle se lance, "avec beaucoup de courage" souligne Marcel Croës, dans un long métrage, Je tu il elle, qui est un film très personnel, où elle parle, obliquement, d’elle, de ses passions, de ses désirs. C’est sa première grande affirmation dans le cinéma, avec le tournant décisif de son œuvre, en 1975.

Jeanne Dielman, le tournant décisif

C’est, en effet, en 1975 que Chantal Akerman s’impose dans le paysage cinématographique international, avec Jeanne Dielman, 23 Quai du Commerce, 1080 Bruxelles, une représentation quasi hypnotique de 3h20 des rituels domestiques quotidiens d’une jeune veuve qui vit avec son jeune fils, et qui s’est enfermée dans une routine machinale, abrutissante…

Comme l’explique Marcel Croës, avec Jeanne Dielman, nous sommes face à "un cinéma qui affirme une esthétique très particulière, un cinéma qui refuse la grammaire classique, le découpage en plans serrés et rapide. Ici, on va à contre-courant, puisque nous avons un cinéma qui refuse le mouvement et l’esthétique du montage rapide. C’est un cinéma qui est basé sur de très longs plans fixes… C’est le refus de la dramatisation classique mais en même temps, ce n’est pas un film réaliste. Le cinéma de Chantal Akerman emprunte certains aspects au cinéma réaliste mais elle retravaille la réalité."

Si elle affirme une esthétique particulière avec Jeanne Dielman, elle ne s’enferme pas non plus dans cette esthétique. Elle tourne par exemple une comédie musicale, Golden Eighties, elle tourne Les Rendez-vous d’Anna, une vision sur une cinéaste, extrêmement autobiographique.

Si ces films n’ont jamais rencontré un franc succès auprès du public, ils furent une grande source d’inspiration pour plusieurs générations de cinéastes, tels que Todd Haynes, Claire Denis ou encore Gus Van Sant.

Retrouvez Marcel Croës au micro de Camille De Rijck, il nous parle de Chantal Akerman, qu’il a bien connue. Ces propos sont ponctués d’extrait des Suites pour violoncelle de Bach, interprétées par la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton, qui fut la compagne de Chantal Akerman.

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