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Starmania, les 40 ans d’une prophétie

Réal nous propose de revenir sur une prophétie vieille de 40 ans : en 1979 naissait un opéra Rock intitulé « Starmania » et il est toujours aussi moderne.

Cela fait tout juste 40 ans que le météore Starmania a impacté notre terre, une vision claire de ce qui attendait « les villes de l’an 2000 ».

Et dans son tube « ça balance pas mal à Paris », un an avant la naissance de Starmania, son compositeur Michel Berger nous annonçait déjà son projet de comédie musicale.

Luc Plamondon et Michel Berger choisissent pour leur show l’appellation « opéra rock », parce qu’ils font de la place au bel canto punk. Alors pourquoi une prophétie ? Souvenez-vous, Starmania c’est un monde vertical : l’occident n’est plus qu’un seul pays, les pauvres vivent soumis par des riches qui ne les ont jamais écoutés, et de là se forme un groupe terroriste, les étoiles noires : le conflit menace.

Et ces pauvres sabotent et s’imposent dans les médias… Cela fait écho avec des mouvements actuels.

Mais le soleil brille à Naziland et les médias sont tenus d’une main de maître… Mais par qui ? Un personnage qui s’appelle Zéro Janvier, un magnat de l’immobilier, raciste et ultra-capitaliste. Le but de Zéro, être président de l’occident pour se trouver beau à la télé, et ça donne un tube que tout le monde a déjà chanté, Le Blues du Businessman. Des aspirations bien sincères pour une ambition lugubre…

Et puis entre les étoiles noires et la puissance politique de Zéro janvier, on retrouve des stars déchues comme Stella Spotlight, le dernier sex-symbol qui veut mourir devant les caméras, s’exposer à l’infini, ou encore Marie Jeanne, la serveuse automate poétesse qui est amoureuse de Ziggy, inspiré par David Bowie, qui lui, veut être une star par tous les moyens.

Et ce spectacle imaginaire nous représente finalement notre monde d’aujourd’hui : des humains à la dérive qui chantent leur lamento en faisant des prières punks, c’est-à-dire à la non-existence de Dieu, puisqu’ils n’y croient plus.

Le rôle de Marie Jeanne, la serveuse automate est centrale puisqu’elle représente le monsieur-madame-tout-le-monde qui fait un boulot abrutissant et qui ne sait pas comment vivre dans un monde comme celui-là.

C’est la célèbre Fabienne Thibaud qui créera le rôle, mais il a aussi été joué par une célèbre Belge, qui nous a quittés aujourd’hui 7 mai, il y a exactement un an… Maurane. Un rôle qu’elle avait dû quitté au bout de quelques mois pour cause de surmenage, et parce que la perdition du personnage de Marie Jeanne devenait la sienne, elle en avait d’ailleurs fait une chanson : Qui es-tu Marie Jeanne ?

Starmania se voulait un spectacle imaginaire dans un monde futuriste robotiquement punk, surréaliste et sombre à la 1984 de Georges Orwell, sauf que les résonances de ce scénario pourraient faire froid dans le dos aujourd’hui, et si le kitsch du décor, des costumes, de la langue et de ses postures peut prêter à sourire, le regard à poser sur les critiques de l’époque qui trouvaient ça « too much » est à revoir.

On replonge dans une fiction peut-être moins effrayante que la réalité, on retrouve un des nombreux tubes de cet opéra rock, avec un homme, Johnny Roquefort qui lance un appel vers l’infini et qui ne se reconnaît pas dans un monde où tout le monde veut devenir une star.

***Daniel Balavoine avec « SOS d’un terrien en détresse » en 1979 dans Starmania, un opéra rock de Michel Berger et Luc Plamondon, c’était dans l’air du temps, ça l’est toujours***

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