Dans l'Air du Temps

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Quand Charles Trenet laisse traîner sa joie et entraîne une révolution musicale

C’est un Réal Siellez de bonne humeur qui nous propose de la joie à la Trenet, et nous explique comment cette bonne humeur a provoqué une véritable révolution dans la chanson française. 18 ans après la mort de Charles Trenet, il y a encore de la joie !

Une chanson écrite dans un moment de lassitude

Y’a d’la joie de Charles Trenet, à la seule évocation du titre, nous sommes mis au parfum. Et pourtant lorsque Charles Trenet écrit ce titre, il est en proie à l’ennui, celui de son service militaire qu’il effectue en 1936 dans l’aviation. Un engagement qui a mis fin à son duo avec Johnny Hess, son binôme. Indissociables l’un de l’autre, ils étaient connus ensemble pour leur concert en cabaret, mais aussi et surtout pour leurs slogans publicitaires, ce boulot alimentaire qui leur permettait de gagner leur vie.

Y a d’la joie, une chanson révolutionnaire

Pendant son service militaire, on le laisse toutefois monter sur scène le soir, c’est d’ailleurs là qu’il sera baptisé "le fou chantant". Malgré tout, l’ennui le tourmente, et il écrit pour passer le temps. Et c’est là que sa plume explose en un "Y'a de la joie" révolutionnaire… Pourquoi révolution ? Parce qu’il s’autorise à sortir de la trame réaliste.

Aujourd’hui, cette personnification de la tour Eiffel nous paraît normale : elle part en balade, elle saute la Seine… Mais à l’époque c’était impensable.

Et la rythmique sage bien que bondissante éclate en swing pour le dernier refrain.

Cet air se faufile dans un contexte d’insouciance, les réformes sociales du Front populaire en 1936 font découvrir les loisirs à un peuple sorti d’une première guerre mondiale, et qui ne sait pas encore que trois ans plus tard, une autre reprendra. Monsieur et madame tout le monde vivent la réduction du temps de travail et la création des congés payés… .

Et Charles, grâce à ce tube, devient un pionnier pour les autres chanteurs, Charles Trenet va ouvrir l’imaginaire de milliers de plumes et de voixJacques Higelin dira que c’est Trenet qui lui a appris la liberté et la chanson, Brel dira :

Sans lui, nous aurions tous été des experts comptables.

Et il fera rêver la petite fille en Anne Sylvestre qui grâce à lui a vraiment vu "le bon Dieu sur son fauteuil de nuage."

Charles Trenet en janvier 1938 avec Y a d’la joie, c’était dans l’air du temps, ça l’est toujours.

 

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