Dans l'Air du Temps

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Juliette Armanet se saisit de nos solitudes avec "L'amour en solitaire"

Le titre que nous présente Réal Siellez dans sa chronique Dans l’air du temps est étrange… Simple au sens noble du terme, et monstrueux au sens premier et poétique.

Ce titre de 2014 commence par une voie nue très vite rejointe par un piano :

"Solo dans ma peau, sur la plage". Le décor est planté en 7 mots.

Une femme. Une solitude. Beaucoup de sable. La mer.

Quelles sont les possibilités ? L’intimité ? Le vent ? Un regard qui part loin ? Une sensation de bord du monde ? C’est à la fois limité et infini… Et c’est toute la force du titre "L’amour en solitaire" de Juliette Armanet.

La force de Juliette Armanet, c’est une technique impeccable dans le dosage de la voix. La puissance de sa fragilité et d’envolée pianistique.

Fille du compositeur Jean-Pierre Armanet, elle a été éduquée dans la philosophie du "écouter les doigts qui jouent", et ça s’entend quand elle introduit son "amour en solitaire" en concert…

Dans cet air, nous assistons au travail d’une Pénélope qui tisse son ouvrage de solitude face à l’être qui est parti. Et qui appelle de ses vœux décalés le retour de l’être aimé.

"Je veux retrouver ma terre ma bière et mon tricot", cette réduction est tellement habile. Je veux retrouver ma terre, sous-entendue "je n’ai plus de chez moi depuis que tu es parti", "Ma bière" symbole de l’ivresse et des rituels que l’on trouvait dans l’autre. Et enfin le tricot exercice lui aussi solitaire, symbolisant l’habitude, même une certaine forme d’ennui dans lequel on prend le plaisir. Et puis dans la symbolique, si on tricote tout seul, on peut le faire à destination de quelqu’un d’autre…

Et tout cela complète la liste des "Solos" déclinés par Juliette Armanet… Des solos qui prennent au fur et à mesure de la chanson la porte de sortie en forme d’indépendance…

Solo, j’danse le slow sur ta plage
J m’enroule dans les flots Solo j’fais naufrage

La femme d’Ulysse devient l’héroïne grecque… Hors de question d’être victime de l’attente. Elle danse le slow solo et s’enroule dans les flots, "puisque je suis envahie par la solitude, je plonge" !

Ça devient presque kafkaïen, la métamorphose d’un individu abandonné en personnalité qui choisit sa solitude. Le titre, qui peut prêter d’ailleurs à une interprétation érotique, n’est pas "Amoureuse esseulée" mais "L’amour en solitaire".

Chanson qui termine d’ailleurs par :

"Mais dans l’fond jm’en fous
C’est pas grave
Sans toi j’devenais flou"

Tout ça pour finir par une douce mais ferme conclusion, "Un point c’est tout"

Une pensée à toutes nos solitudes, courage, on arrivera au bout ! En attendant plongeons faire un slow avec les vagues…

Juliette Armanet en 2014 avec l’amour en solitaire, parut en 2017 sur l’album "Petite amie" c’était dans l’air du temps… Ça l’est toujours…

 

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