Dans l'Air du Temps

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Henriette Ragon, alias Patachou, cap sur le vieux Montmartre

Dans sa chronique Dans l’air du temps, Réal Siellez nous parle du vieux Montmartre et d’une certaine Henriette Ragon qui nous emmène Rue Lepic.

Dans Rue Lepic, Henriette Ragon, plus connue sous le nom de Patachou, nous décrit en musique ce qu’elle voyait depuis sa fenêtre. Puisque le célèbre cabaret Chez Patachou se trouvait au 13 Rue Lepic.

C’est à la fin de l’année 1945 que Patachou s’installe à Montmartre, avec son mari Jean Billon. Ils y découvrent une petite boutique à louer en haut de la Butte. Pas d’eau, pas de gaz, pas d’électricité… Mais comme Patachou le chantera elle-même, "quel bonheur d’avoir un mari bricoleur". 

Jean Billon est déterminé, il entreprend lui-même les travaux pour ouvrir une pâtisserie, qui donnera le surnom de notre artiste, Patachou.

Après trois ans à régaler les papilles, ils achètent un local jouxtant le leur pour le transformer en restaurant, sans se douter de l’effet dynamitant pour la destinée d’Henriette… Pour elle, la chanson n’est pas instinctive, ce n’est pas une révélation miraculeuse. Chanter a été une indispensable utilité.

J’ai commencé la chanson chez Patachou mais c’est parce que je n’avais pas les moyens de payer quelqu’un pour le faire…

Comme elle le dit, elle "a eu de la chance", mais aussi du talent et de la force de travail puisque, si on connaît la Patachou révélatrice de talents – Brel se faisait huer chez elle avant de devenir celui que l’on sait, et elle a vu défiler dans son cabaret les Sardou, Aznavour, Béart, Auffray, Vian, Ferré, et même les internationaux Sinatra et Dean Martin – mais sa carrière de chanteuse, à elle, est aujourd’hui moins connue.

Moins mise en lumière, probablement parce qu’elle est l’antithèse de la mélancolie à la Piaf qui représente un tournant à l’époque, et puis elle est plus partageuse et généreuse. Mais aussi parce que sa carrière est multiple, elle fait feu de tout bois et ne se cantonne pas à un domaine, allant du théâtre au cinéma, en passant par le cabaret et l’opérette.

Et en plus en dépit de ses nombreuses tournées, sa famille restera sa priorité. Elle refusera par exemple l’offre de tourner "Vera Cruz" avec Burt Lancaster pour ne pas être absente à la communion de son fils, Pierre. Et puis sans Patachou, pas de Brassens, elle est la première à interpréter ses chansons, pendant que l’homme à la moustache la regarde pétrifié dans le coin du cabaret

Et c’est le 24 janvier 1952 qu’elle lui dit qu’elle veut ses chansons, mais surtout qu’elle exige qu’ils les chantent lui-même.

Elle le chantera même au cinéma dans le film "Femmes de Paris" de Jean Boyer en 1953… Elle est introduite par une certaine Nadine, qui n’est pas encore de Rothschild.

 

Et elle livre une "Brave Margot" en actrice remarquable, et en swing…

Une femme dont Réal Siellez vous reparlera parce qu’il n’y a pas assez d’une chronique pour parler de sa gouaille, de sa carrière aux États-Unis, de sa carrière d’artiste, de son cabaret dans la tour Eiffel, etc.

Aujourd’hui c’est gourmandise et hommage à une grande dame…

Patachou en duo avec Georges Brassens et leur chanson "Maman, Papa" sur la face B du 33 tours " Patachou chante Brassens " en 1954… C’était dans l’air du temps, ça l’est toujours

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