Dans l'Air du Temps

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Debout sur les chars : de Hong-Kong à Tian'anmen

l’homme qui arrête tout seul une colonne de chars près de la place Tiananmen, (Pékin) pendant le massacre qui a débuté dans la nuit du 3 au 4 juin 1989
l’homme qui arrête tout seul une colonne de chars près de la place Tiananmen, (Pékin) pendant le massacre qui a débuté dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 - © Getty / Bettmann / Contributeur

Dans sa chronique "Dans l’air du temps", Réal Siellez nous parle d’une chanson du début des années 2000 mais surtout, nous parle de révolte.

Après des mois de manifestations dans les rues, les Hongkongais se donnent rendez-vous aux balcons de leurs habitations tous les jours à 22h pour protester.

Ils luttent encore et toujours contre l’ingérence du régime chinois, et même si le gouvernement fait signe de quelques avancées, la population ne s’en contente pas et va plus loin.

La manifestation au balcon

Ils ne sont pas les premiers à utiliser cette méthode de la manifestation au balcon, elle permet de mettre la pression sur la politique d’un pays en évitant les répressions policières violentes. Elle a déjà été mise en œuvre en 1979 en Iran, en Turquie en 2013 contre le président Erdogan et on retrouve le même mode de manifestation en 2017 à Barcelone pour réclamer l’indépendance.

Ce rendez-vous à Hong-Kong est relayé par les réseaux sociaux pour échapper à la censure. C’est une mobilisation qui dure depuis le 31 mars et qui met une pression incessante sur la politique chinoise.

La dernière fois que le gouvernement chinois a dû faire face à des manifestations de cet ordre, c’était il y a 30 ans, ça s’est résolu par des massacres à grands coups de char sur la place Tian’anmen. Avec cette image d’un homme debout face un char et puis sur un char de l’armée chinoise, une image qui a fait le tour du monde, et pourtant encore aujourd’hui censurée en chine.

Tien an men de Calogero

La distorsion qui ouvre le morceau illustre le média, l’homme face à l’image et les cordes font office de l’émotion qui monte lorsque l’on est réduit au rôle de témoin, puis la voix de Calogero nous ramène à nous…

Dans cette chanson, Calogero nous ramène au stade d’humain face au monde, minuscule et percuté par la grande histoire, mais il met en place également le procédé inverse en posant cette question "Et si nos drames individuels, les séparations, les maladies, les efforts du quotidien étaient eux-mêmes des événements qui concernent une histoire du monde entier ?"

En nous tous il y a un blindé devant lequel nous devons nous tenir pour l’empêcher de tout raser… En nous tous le besoin de se rassembler et de hurler au balcon, défiler en rue. Ou comme le dit bien mieux Pier Paolo Pasolini dans Calderon "Nous sommes peu nombreux, mais en nous il y a Athènes".

Calogero avec "Tien an men" sur l’album "Calogero" en 2002, c’était dans l’air du temps, ça l’est toujours.

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