Dans l'Air du Temps

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Anne Sylvestre, le doute en souvenir

Dans sa chronique Dans l’air du temps, Réal Siellez revient sur l’héritage que nous laisse Anne Sylvestre, qui nous a récemment quittés à l’âge de 86 ans… "Les gens qui doutent".

Et si Anne Sylvestre a la réputation d’avoir eu une carrière secondaire, les sept derniers jours d’hommages nous ont prouvé à quel point l’œuvre de cette femme était central. Elle sème l’amour des mots pour les plus petits dans ses fabulettes, et la mise en lettre pour les plus grand. À travers une œuvre gourmande, généreuse, drôle, engagée, indignée, elle nous fait passer du statut "mes parents me faisaient écouter" au "oh, j’écoutais ça quand j’avais ton âge". L’instrumentation est classique, voire troubadour à ses débuts… Mais elle est une des premières interprètes féminines à chanter des chansons écrites par elle-même et non pas par des auteurs au masculin.

Les gens qui doutent, c’est sa surprise ! Jamais elle n’aurait pensé, en posant ces mots, qu’elle aimerait tant être rattrapée par ce succès-là, au point d’en avoir un peu marre…

Et pourtant, le répertoire d’Anne sylvestre se déploie de sorte qu’il est impossible d’en faire le tour.

J’ai écrit [cette chanson] parce qu’à l’époque, j’étais lassée des gens remplis de certitudes qui m’entouraient.

Dans le style, ce qui frappe c’est le choix des mots… "Oriflamme", "daltonien", "grelot" et "approprier", côtoie "les cons", "les poires" et "les tristes culs"… 

Ici aucune place à la vulgarité puisqu’avec Anne sylvestre, et ça vaut pour l’ensemble de son œuvre, les mots ne sont pas choisis… Ils sont élus. C’est de la fine dentelle même quand elle est triviale… On appelle ça le talent et l’exigence.

Mais son exigence et sa précision à elle ne sont plus à prouver, agacée par l’inexactitude autour de son travail quand il est reporté sur internet, le 19 mai 2018 elle publie ceci sur Facebook : "Les Gens qui doutent ont été mis à l’honneur ces derniers temps. Et comme beaucoup d’erreurs dans les paroles circulent sur internet, en voici le texte complet et sans faute."

Et si à l’époque, les pontes du petit écran émettaient des doutes sur la télégénie d’Anne Sylvestre et de sa chanson, les générations suivantes ont donné raison à cette grande dame.

Ci-dessous, le trio formé par Vincent Delerme, Jeanne Cherhal et Albin de la Simone.

Et au tour de Réal Siellez, un peu ému, de paraphraser madame Sylvestre…

"On vous dit que votre âme a fait de plus belles flammes que tous ces tristes culs,
Et on vous remercie, je le dis, on le crie… Merci d’avoir vécu
Merci pour la tendresse et tant pis pour vos fesses qui ont fait ce qu’elles ont pu."

Les gens qui doutent de et par Anne Sylvestre en 1977 sur l’album "Comment je m’appelle", c’était dans l’air du temps, et madame, vous le serez toujours…

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