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Adamo et son tube de l’été enneigé

Alors que la RTBF célèbre l’Italie à l’occasion des 75 ans de l’immigration italienne et que les beaux jours semblent s’installer, Réal Siellez a décidé de nous parler d’un tube de l’été en forme de flocon de neige. 

Nous sommes au mois d’août 1964. C’est à ce moment que sort le morceau Tombe la neige d’Adamo. Adamo est déjà une star dans le Borinage mais aussi dans tout le pays.

Tombe la neige est ce que les Américains appellent une "torch song". Cela leur vient de l’expression "To carry a torch for someone".

Traduit platement, c’est l’idée que quelqu’un tient une torche tout seul dans le noir et chante son amour déçu. Ce que les francophones ont traduit mollement par "ballade sentimentale". Par exemple, la chanson Cry me a river est un standard emblématique de la chanson de la torch song, enregistré pour la première fois par Julie London en 1955.

Mais revenons à notre poudreuse boraine, dans le cas d’Adamo, sa chanson est inspirée d’un véritable râteau… Pas de téléphone portable à l’époque pour un jeune homme de 18 ans qui attend sous la neige une fille qu’il ne reverra qu’une semaine plus tard, et sans nouvelle entre-temps.

Le succès de la chanson s’explique de plusieurs façons, bien sûr toutes et tous savons plus ou moins ce que c’est qu’un amour adolescent déçu, mais dans ce cas-ci, la voix du chanteur est reconnaissable entre mille, ce qui ajoutera une patte pleine d’innocence à cette complainte de cœur brisé, c’est celle d’un homme qui n’aura jamais grandi…

Et cette chanson cartonne ! Et comme Adamo est polyglotte, il enregistre des versions dans plusieurs langues…

A voir aussi : Portrait d’Adamo "Salvatore Adamo, quand je chante"

Il y aura notamment une version turque, une version italienne bien entendu, mais aussi espagnole. Et c’est lors d’un voyage au Japon dans l’avion qu’il prend la mesure de son succès à l’international.

Il entend un instrumental paisible assis dans le fond de son siège, il reconnaît sa chanson, il s’adresse à l’hôtesse qui lui dit que "C’est une chanson folklorique japonaise qui s’intitule YUKI GA FURU". 

C’est en réalité une chanteuse japonaise, Ngoc Lan, éprise de l’air, qui l’a popularisé sur les îles asiatiques, et en a fait une référence, elle-même, reprise à l’infini…

Il faut dire que l’oreille musicale du Japon est flattée : en effet le texte est écrit, de façon bien involontaire, en forme de Haïku. Des vers de 5 pieds qui alternent avec des vers de 7 pieds, et qui parlent d’une saison.

Sans le savoir, Adamo tape dans la tradition japonaise pure.

Le succès au Japon est tel qu’il enchaîne les concerts au pays du soleil levant, pays auquel il est maintenant très attaché.

Son tube "Tombe la neige" et bien d’autres comme "Inch’allah" ou "Pauvre liberté" par exemple lui ont permis de voyager à travers les époques où il était simple de voler de continents en continents pour des concerts, et parfois, pour chanter devant les régimes politiques les plus rudes.

Adamo en 1963 avec tombe la neige sur la face A du 45 tours du même nom… C’était dans l’air du temps, ça l’est toujours

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