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"La grande bellezza", un film qui célèbre la splendeur de la mondanité romaine

"La réponse habituelle est la moule, la mienne est l'odeur de la maison des vieux. La question : qu'est-ce que vous préférez dans la vie ? J'étais destiné à la sensibilité". Voilà la première phrase de La grande bellezza, film de Paolo Sorrentino sorti en 2014.

Le film débute sur l'une des plus grandes scènes du cinéma moderne : une immense fête sur les toits de Rome où des sexagénaires célèbrent, aux sons de Bob Sinclair et d'un orchestre de Mariachi, l'anniversaire de Jep Gambardella, héros du film autoproclamé "roi des mondains", auteur, il y a plusieurs décennies, d'un livre culte sur la gloire duquel il vit.

De quoi parle "La grande bellezza"?

Le film parle d'une quête spirituelle vers la "grande beauté", celle des palais romains, celle de la foi en un idéal de vie éthique et esthétique, celle d'un amour de jeunesse à côté duquel tout semble sans goût.

Cette petite trame sert de prétexte au réalisateur Paolo Sorrentino pour dessiner un grand délire esthétique, un clip vidéo de plus de 2h fait de fêtes, ritournelles, joutes, bacchanales,... Et cette ville, Rome, filmée avec le claquant d'une publicité pour le Vermout, où l'image est à ce point léchée qu'on ignore si elle est tout à fait sublime ou tout à fait suspecte.

Certains critiques y ont vu la version moderne du Roma de Fellini. La comparaison n'est peut-être pas tout à fait opportune. Mais voilà certainement l'un des plus beaux films sur la couche de vernis qui recouvre cette ville et dont on se demande si elle est une pellicule de beauté, douteuse comme un filtre Instragram, ou si au contraire, elle est le vernis de pudeur derrière lequel les Italiens cachent les sentiments les plus profonds.

La grande bellezza fut montré à Cannes en 2014, en repartit bredouille puis s'en alla gagner à Los Angeles l'Oscar du meilleur film étranger.

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