Coup de cœur estival

Plus d'infos

Déambulez dans un jardin de sculptures en plein cœur de Bruxelles

C’est à une balade bucolique, en plein cœur de Bruxelles, que vous invite Axelle Thiry, une déambulation "au fil de l’eau" dans le jardin des sculptures des Musées royaux des Beaux-Arts, niché rue de la Régence à Bruxelles.

Un jardin pensé autour du thème de la femme

On accède au jardin en franchissant une grille, située près d’un buste de Paul Claudel, et très rapidement, le bruit de la rue et des trams s’estompe grâce au ruissellement de fontaines, qui encadrent une très belle sculpture du Français Aristide Maillol, intitulée La Rivière.

Cette sculpture est au centre d’un bassin d’eau et elle représente un corps couché en déséquilibre. Ce corps, c’est celui de Dina Vierny, la muse de Maillol. D’abord, on aperçoit la sculpture de profil, avec ses cheveux qui frôlent la surface de l’eau et ses mains, grandes ouvertes, dont l’une semble éperdument dirigée vers le ciel. On la découvre dans une pose un peu dramatique, comme si elle était emportée par les flots. Avec ses yeux magnifiquement dessinés et grands ouverts. Mais tout son corps exprime la puissance. Elle semble ondoyer, comme si elle-même était devenue rivière. Elle a aussi de la rivière la vigueur du mouvement, la joie de cette force qui se reflète dans chaque endroit de son corps, d’une rondeur admirable. La sculpture est posée juste au-dessus de l’eau, sur la hanche gauche et quand on la regarde de dos, son corps semble pencher vers l’eau, comme si elle allait se glisser dans l’onde.

D’Aristide Maillol à Emilio Gréco

Dans ce jardin de sculptures pensé autour du thème de la femme, et manifestement inspiré par l’univers aquatique, on croise aussi une baigneuse d’Emilio Greco, un sculpteur italien. Elle a de longues jambes, un ventre rond comme un petit pain, une cambrure joyeuse et un air délicieusement fier. Ses cheveux sont reliés en une queue-de-cheval qui virevolte et semble dire toute sa joie de plonger bientôt dans les vagues. Emilio Greco était aussi médailleur et on le devine à la manière dont la main semble gravée dans le corps de la jeune femme, tout comme son maillot. Elle a un geste espiègle d’une main. Cette baigneuse inspire une sorte de joie frondeuse. On dirait qu’elle danse.

La courte promenade se poursuit. Le chemin serpente, on a l’impression de suivre ses méandres au pied des grands arbres sous le regard des sculptures des Musées royaux. On croise une oie de métal, au cou élancé jusqu’à l’abstraction, qui donne l’impression d’être une onde elle aussi, tellement elle est étirée… Avant d’arriver à la Grande Niké, de Bernhard Heiliger, une déesse personnifiant la victoire… une sculpture abstraite et ailée. Heiliger qui s’est d’ailleurs progressivement éloigné de la figure humaine pour développer notamment l’imagerie du vol d’oiseaux.

On passe de la muse de Maillol, en déséquilibre, à la Victoire, mais quelle victoire que cette puissante Rivière d’Aristide Maillol, qui semble ne faire qu’un avec les flots vigoureux. Allez écouter ses secrets.

C’est un plaisir de se glisser dans les ondes du Jardin des sculptures rue de la régence à Bruxelles. En plus, il est un peu caché près du Sablon. On pourrait même passer devant lui sans le voir. Il n’en a que plus de charme.

Newsletter Musiq3

Restez informés chaque vendredi des évènements, concours et CD de la semaine.

OK