Coup de cœur estival

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Confiteor de Jaume Cabré, longue mélodie du Mal, de la culpabilité mais aussi du pardon et de l’amour

En cette période estivale, où le temps fait grise mine et où le soleil a du mal à pointer le bout de son nez, nous vous proposons des coups de cœur littéraires de notre équipe de Musiq3. Confiteor de Jaume Cabré est le coup de cœur des coups de cœur d’Anne Hermant. Présentation.

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C’est un long pavé de 900 pages, une longue réflexion sur le mal, la compromission, la lâcheté, la culpabilité, mais aussi sur le pardon, le rachat, la soif de beauté et de connaissance, la rédemption et l’amour.

Le roman se présente comme la confession du protagoniste, Adrien, qui passe de la réflexion à la narration. Dans la Barcelone des années 50, le jeune Adrien grandit solitaire et mal-aimé dans un grand appartement rempli de livres. Intelligent, brillant, il étudie sans cesse pour satisfaire l’ambition démesurée de ses parents. Son père veut faire de lui un humaniste polyglotte et sa mère l’imagine en violoniste virtuose.

En grandissant, il découvre que les antiquités qui couvrent le magasin à l’origine de la fortune familiale sont de provenance douteuse. La quête de la vérité et de l’histoire familiale mènera le jeune Adrien dans un voyage à travers le temps et l’espace, de l’Inquisition à la dictature espagnole, du Vatican au camp d’Auschwitz, du Monastère Sant Pere del Burgal à Barcelone en passant par Crémone et la Hollande.

Les histoires et les personnages se croisent et se répondent, dans une narration foisonnante et parfois décousue, reflet de l’immense érudition mais aussi de l’esprit vacillant d’Adrien, talonné par la maladie d’Alzheimer. Malgré tout, un fil conducteur nous guide tout au long du roman, telle une enquête policière. L’histoire d’un précieux violon italien qui, dès son origine, connaîtra et provoquera des histoires tragiques pleines de bruits et de fureur mais aussi pleines de musique. Car la musique baigne tout le roman et on sent que Jaume Cabré est un immense mélomane, il est d’ailleurs aussi un bon violoniste amateur.

Confiteor est un roman touffu, riche, complexe, émouvant, poignant, l’un des plus beaux livres qu’Anne Hermant n’ait jamais lu.

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