Coup de cœur estival

Plus d'infos

Call me by your name, la douce beauté déchirante des premières amours

Le coup de cœur du jour a la saveur des journées estivales chaudes et ensoleillées. Il s’agit du film Call me by your name de Luca Guadagnino. Nous sommes en 1983. Deux jeunes hommes se rencontrent dans une maison de famille, en Lombardie ; le début d’une idylle d’été, douce et déchirante. Avec une bande-son à tomber.

Peut-être avez-vous regardé ce film lors de sa sortie belge. C’était en février 2018. Il faisait très froid, un froid piquant qui vous paralyse par moments et vous fait vous demander si vous allez vraiment avoir le courage de sortir de chez vous pour assister à une avant-première. Et puis oui, par curiosité, parce que c’est sympa d’assister à une projection avec des copines, qu’il y aura tant de choses à se raconter avant, après.

Dès que la séance commence, ça y est, vous êtes ailleurs, transportée par la chaleur et l’histoire d’amour tendre et déchirante qui se dessine sur l’écran. De l’amour doux qui donne envie de tomber amoureux…

Imaginez le décor ; on est dans la sublime maison de famille lombarde d’un éminent professeur d’archéologie et de sa femme, qui est traductrice. Ils ont un fils, Elio, 17 ans. Ses étés, il les occupe à jouer de la musique, composer, lire et retrouver quelques copains de longue date. Ensemble, ils sortent, font du vélo, se baignent dans la rivière. C’est aussi l’heure des premiers émois amoureux ; au début du film, Elio flirte avec son amie Marzia.

Quant à son père, il profite chaque année de ses vacances familiales pour accueillir de jeunes doctorants en archéologie qui l’assistent dans ses recherches.

À lire aussi : Nommé aux Oscars, Timothée Chalamet a des projets plein la tête

Nous sommes au début des années 80, comme nous le rappelle la bande originale du film. A la radio, on entend Words, composée et interprétée par le chanteur français F.R David ou Paris Latino du groupe Bandolero.

Mais l’été 1983 ne se déroulera pas comme les autres ; toute l’heureuse mécanique familiale va s’emballer à l’arrivée d’un jeune Américain prénommé Oliver.

Elio, du haut de ses 17 ans, a encore le corps de celui qui a grandi vite ; il est frêle, presque féminin. Oliver, du haut de ses 24 ans, a l’assurance de celui qui se sait bien bâti ; il est musclé, légèrement bronzé, séduisant et séducteur. Entre les deux jeunes hommes, les regards, les gestes vont se transformer peu à peu. Oliver regarde Elio plus intensément, il ose des frôlements presque imperceptibles et Elio s’abandonne doucement à l’évidence de cette complicité, de cet amour qui naît entre eux.

Quand ils s’allongent pour la première fois l’un à côté de l’autre, on est frappés par la tendresse et la douceur qui les enveloppe, loin des clichés qui voudraient qu’une relation entre deux hommes soit forcément teintée d’une certaine violence.

Ici, on touche à l’universel. Précisément parce que quels que soient notre sexe et notre orientation sexuelle, on parvient à imaginer que cette histoire pourrait être la nôtre. Parce qu’elle est belle, respectueuse et que chacun d’eux peut s’y abandonner sans crainte.

Cet été n’aura pas la même portée pour l’un et l’autre, mais peu importe, il sera pour Elio celui de l’apprentissage, de la transformation… celui qui lui aura fait éprouver le vertige et la morsure de l’amour, aussi.

Mystery of love, Mystère de l’amour, c’est le titre phare de la bande originale du film. Il est signé de l’auteur-compositeur-interprète Sufjan Stevens.

Newsletter Musiq3

Restez informés chaque vendredi des évènements, concours et CD de la semaine.

OK