Copier-Coller

Plus d'infos

"You never walk alone" : des supporters de Liverpool au toucher de Nina Simone, frissons garantis

"You never walk alone" : des supporters de Liverpool au toucher de Nina Simone, frissons garantis
"You never walk alone" : des supporters de Liverpool au toucher de Nina Simone, frissons garantis - © Tous droits réservés

Dans cette chronique Copier-Coller, Pierre Solot va revenir sur un événement marquant de l’histoire contemporaine : la finale de la Champion’s League de Football de l’année 2005.

Nous sommes exactement le 25 mai 2005 au stade olympique d’Istanbul… Et c’est bien simple, les historiens parlent aujourd’hui de cette date comme celle du "miracle d’Istanbul". Alors, pour rappel, la Finale de la Ligue des Champions, c’est a priori, l’affrontement entre les deux meilleures équipes d’Europe, et donc quelque part, les deux meilleures équipes du monde. Ce soir-là, il est 20h45 quand le coup d’envoi est donné. Liverpool affronte l’AC Milan.

Les Italiens sont au sommet de leur art. Quant à Liverpool, c’est un club mythique. Mais c’est un club qui n’a plus atteint cette Finale depuis 1985 et le drame du Heysel : là aussi, Liverpool affrontait un club italien, la Juventus. Et un mouvement de foule entraîna la mort de 40 personnes et près de 500 blessés…

Ce soir de mai 2005, Liverpool est écrasé dès les premières minutes. L’AC Milan domine et à la mi-temps, les Italiens mènent au score : 3-0. Autant dire que les carottes sont cuites.

Et pourtant… Au football, il y a une expression : "le douzième homme". Sur le terrain, il y a deux équipes de 11 joueurs… Mais ce soir-là, dans les tribunes, sur les 70.000 places vendues, il y a 40.000 supporters de Liverpool ; il y a 15.000 supporters de Milan, et puis encore 15.000 personnes qui se sont perdues… Ou bien qui attendaient de voir le déroulement du match avant de prendre parti.

A la mi-temps, les supporters de Liverpool, peut-être les plus fervents supporters de football du monde, se mettent à chanter. 40.000 personnes qui chantent… Ce n’est plus un chœur, c’est une armée, c’est un peuple entier. Leur équipe est écrasée. Statistiquement, elle n’a quasiment plus aucune chance de gagner. L’équipe la plus forte est en face. Les bookmakers font grise mine. Et pourtant… Les 40.000 supporters de Liverpool chantent. Et que chantent-ils ? Ils chantent : You’ll never walk alone

40.000 personnes galvanisent une équipe en perdition. Les joueurs de Liverpool remontent sur le terrain… Ils sont menés 3-0 mais ils sont portés par ce douzième homme, ce public. Leur capitaine, Steven Gerrard sonne la révolte et plante un but d’une tête décroisée. Et le miracle se produit. Portée par ce chant, l’équipe de Liverpool renverse le jeu contre l’ogre milanais. A la fin du temps réglementaire, le score est de 3-3, égalité parfaite, prolongations, séance de tirs au but, et Liverpool gagne la Ligue des champions, contre toute attente, ils sont portés sur le toit du monde footballistique par un chant : You’ll never Walk alone.

You never walk alone par Nina Simone

Au départ, cette chanson est écrite pour une comédie musicale, en 1945. Et cette chanson a le potentiel d’un immense crescendo… Une poussée du plus intime au plus paroxystique, une dimension presque sexuelle, un débordement passionnel qui a donné aux foules anglaises le besoin de l’exprimer au stade.

Et la foule est toujours un baromètre émotionnel intéressant, à défaut d’être contrôlable ou subtil… Mais bon, la foule fait l’Histoire, souvent bien plus qu’un seul homme…

Et s’il ne s’agissait pas d’un seul homme, mais d’une seule femme ! Et puis pas n’importe laquelle, Nina Simone… Nous sommes maintenant en 1958 et Nina Simone sort son album "Little Girl Blue". Beaucoup parmi nous connaissent son histoire, ou ce qu’elle en a raconté… Nina Simone qui aurait tant voulu devenir pianiste concertiste, la première pianiste-concertiste noire, elle qui aimait Bach de tout son coeur.

Elle ne devint pas cette pianiste… Le racisme… Peut-être… Ou pas… Mais elle fut l’une des chanteuses les plus bouleversantes du XXe siècle.

Quand elle reprend You’ll never walk alone dans son album Little Girl Blue, c’est une pianiste qui s’exprime… À travers cet unique crescendo aux allures de souverain exutoire, Nina Simone fait vibrer Pierre Solot autant que ce soir de mai 2005, devant sa télévision, alors qu’il n’était qu’un adolescent et que 40.000 personnes et 11 joueurs changeaient le destin de l’histoire du football…

Newsletter Musiq'3

Restez informés chaque lundi des évènements, concours et CD de la semaine.

OK