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"The Songs my mother taught me" de Dvorak, une mélodie pour femme, pour homme ou pour instrument ?

The Songs my mother taught me de Dvorak, une mélodie pour femme, pour homme ou pour instrument ?
The Songs my mother taught me de Dvorak, une mélodie pour femme, pour homme ou pour instrument ? - © Picasa

The Songs my mother taught me - Les chansons que m'apprenait ma mère - est très probablement la mélodie la plus célèbre composée par Antonin Dvorak.

Comme une berceuse qui raconte les souvenirs éparpillés de ces douces chansons que nous chantaient nos mamans. Ces chansons qui sont autant de douceur que de larmes. La douceur d'un cocon d'enfance et les larmes de ce qui est irrémédiablement passé.

Et puis la transmission. Quand, à notre tour, ces mélodies, ces bribes, ces quelques mots resurgis de notre mémoire, nous les chantons à nos propres enfants, bercés des larmes de ce qui fut et qui revit à nouveau.

The Songs my mother taught me fait partie d'un recueil de sept mélodies, intitulé Les Gypsy Songs, les chansons tziganes opus 55. Elle en est la quatrième mélodie. Et elle est si belle cette mélodie. Dvorak l'avait écrite pour un célèbre ténor de son temps. Mais aujourd'hui tout le monde s'en empare. Des voix aiguës, mais aussi de plus graves... Et plus seulement les voix.

Changement de tessiture, une transcription ? 

Peut-on dire que changer la tessiture d'une mélodie, c'est à dire la hauteur à laquelle elle doit être chantée, constitue une transcription ? Si on l'écrit, oui. 

Elle est de toute façon une transposition. Sur l'échelle des hauteurs, on la déplace. Si on écrit la transposition, on la transcrit. Mais trêve de lexique...

Quel est l'impact musical d'une transposition ? La mélodie reste la même, l'accompagnement également, les paroles sont identiques. Mais quand un homme chante ce qu'une femme chantait il y a un instant, les choses prennent-elles un autre sens ?

Prenons un exemple vigoureusement à l'opposé et écoutons ce personnage fascinant qu'est Paul Robeson. Fils d'un esclave afro-américain, haut d'un bon mètre nonante, dominant une masse de cent kilos, il est tour à tour athlète de haut niveau, basketteur, footballeur américain, acteur, chanteur, avocat, il pratique une série de langues africaines, il entretient des liens troubles avec l'Union soviétique et il prend fortement position contre la ségrégation aux Etats-Unis. Mais surtout, il a une voix incroyable.

Les souvenirs d'une mère sont-ils les mêmes pour tel ou tel chanteur? Un homme chante-t-il ses souvenirs de la même façon qu'une femme ?  C'est de l'interprétation me direz-vous...  Oui, bien sûr...  Et de votre côté d'auditeur...  Avez-vous la même impression, les mêmes sensations en écoutant une soprano ou une basse chanter cette mélodie ?

Outre l'interprétation et la personnalité qui exprime le texte et la musique, le registre de voix n'a-t-il pas un impact sur ce qui est transmis? La communication musicale n'est-elle pas transformée par la hauteur des sons émis ?  

Changer de voix, sans même s'occuper d'interprétation ou de personnalité, n'est-ce pas simplement changer d'instrument ?

Un instrument peut-il se substituer à un autre sans effet collatéral ? 

Alors justement...  Il existe des versions instrumentales de cette mélodie de Dvorak. Et notamment celle écrite pour violon par Fritz Kreisler au début du XXe siècle.

Le violon ne peut pas remplacer la voix. Le texte manque, au minimum. Mais le texte manque-t-il réellement ?  La musique de cette mélodie n'évoque-t-elle pas déjà avec beaucoup de subtilité ce balancement subtil entre le souvenir, le bonheur et les larmes.  Ce souvenir d'une mère au regard de ses propres enfants...  Et à travers la douceur et la fragilité mémorielles, la sensation vertigineuse du temps qui passe...

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