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"Six paraphrases sur des chansons enfantines de France" de Vincent d'Indy

"Six paraphrases sur des chansons enfantines de France" de Vincent d'Indy
"Six paraphrases sur des chansons enfantines de France" de Vincent d'Indy - © Tous droits réservés

Pierre Solot vous parle d'un homme que l'on connaît peu. On connaît son nom, on n'écoute pas sa musique. On l'imagine très sérieux, grave, pas drôle pour un sou... On l'imagine réactionnaire, conservateur, passéiste, compétent certes, à défaut d'être passionnant.

Vincent d'Indy est français. On le connaît comme l'élève, le disciple, l'admirateur, l'épigone, le dauphin, l'héritier, le successeur de César FranckIl enseigne à la Schola Cantorum, où l'on apprend à écrire comme César Franck, et surtout pas comme Debussy, qui plonge sans vergogne dans une inquiétante modernité.

Et pourtant, quand on voit la liste des élèves que Vincent d'Indy a formés, on y découvre des gens aussi variés qu'Erik Satie, Arthur Honegger, Albert Roussel ou George Auric... Peu de sectarisme chez ces gens-là mais plutôt des illuminations créatives de tous bords... Et puis d'Indy était nationaliste, violemment nationaliste. Mais il se passionne et subit l'influence absolument germanique de Beethoven ou Wagner, à une époque où ce petit coin d'Europe n'était pas toujours en paix avec la France, c'est le moins que l'on puisse dire.

Et puis, ce qu'on appelle "nationalisme", c'est aussi l'amour que Vincent d'Indy portait aux particularités culturelles de son pays, des traditions, certes, et donc aussi du folklore, de la culture populaire. Et pour un intellectuel de son calibre, c'est souvent une source d'équilibre. Et même une source d'inspiration.

Les chansons populaires de France

Vincent d'Indy a quasiment 80 ans - nous sommes en 1928 - quand il écrit "6 paraphrases sur des chansons enfantines de France"

Prenez le Compère Guilleri, une bonne vieille chanson de France qui raconte les malheurs de ce bandit de Guilleri qui part à la chasse, monte dans un arbre, tombe, se casse une jambe et trouve le réconfort au soin de ces bonnes dames de l'hôpital.

On y croit quelques secondes, et puis... on sent l'évocation, uniquement...  Les réminiscences... Et ce sont des souvenirs un peu plus complets lorsqu'il s'agit d'une berceuse célèbre... Do Do, l'enfant Do...  Ah, ça...  La maman du petit Vincent d'Indy avait dû lui bassiner les oreilles à l'époque où il ne rêvait que d'aventures... et pas de sommeil...

Oui, DO, DO, l'enfant DO, une berceuse traditionnelle, qui prend des allures de chemin de croix harmonique, où les tensions en font un moment qui oscille entre l'inquiétude et la douceur.

Ah, c'est certain, Vincent d'Indy était nourri de Wagner, de Beethoven...  Et puis de César Franck...  Que des mecs super drôles...

Vous n'avez qu'à aller jeter un coup d’œil aux portraits de ces trois-là...  ça donne pas envie de lâcher une vanne... Et Vincent d'Indy, c'est pas mieux...

Mais bon, je vous avoue qu'au milieu de ces chansons d'enfance, ces chansons historiques, je ne peux pas m'empêcher d'y voir un grand enfant qui s'est laissé dévoré par l'âge adulte. 

Et d'entre-apercevoir, au cœur de cette musique savante, au savoir-faire harmonique consommé, au sens aigu de l'architecture compositionnelle...  d'entre-apercevoir un petit œil qui brille malicieusement...

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