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Richard Wagner chez les Belges

Richard Wagner chez les Belges
Richard Wagner chez les Belges - © Tous droits réservés

Danq cette chronique Copier-Coller, Pierre Solot va parler de transcription, bien sûr, et comme toute cette semaine, il va s'intéresser à la Belgique et aux transcripteurs belges.

Y a-t-il un rapport entre Richard Wagner et la Belgique ? Oui !  Et même plus qu'un seul.  Pierre Solot a déjà évoqué le joyeux Clément Doucet qui malmenait à coups de Ragtime la musique de Wagner. Et il y en a d'autres. Mais qui ne secouent pas autant ce pauvre Wagner...

Dans le disque "Wagner chez les Belges", publié par l'excellent label Musique en Wallonie, on retrouve sur les grandes transcriptions de la musique de Wagner, réalisées par des compositeurs belges au XIXe siècle.

C'était bien entendu l'usage, à l'époque, de transcrire les  "meilleurs" moments d'un opéra pour le faire connaître, pour lui donner une porte d'entrée plus évidentes aux amateurs de musique. Wagner, d'ailleurs, était bien conscient de cette pratique, et tentait, autant que possible, d'avoir un regard sur ces transcriptions, pour qu'elles soient bien réalisées.

Alors, en 1870, à Bruxelles, la Monnaie présente l'opéra Lohengrin, pour la première fois en Belgique. Cette date n'est pas anodine, puisqu'elle est correspond aussi à la guerre franco-prussienne. Paris tenait jusque là le monopole des représentations wagnériennes et avec la guerre, Wagner n'a plus sa place en France, et c'est la Belgique qui accueille désormais sa musique.

Ainsi le public belge découvre les œuvres de Wagner, et les musiciens belges se mettent à transcrire, à arranger sa musique pour la diffuser et s'inscrire dans l'actualité musicale de leur temps. Et parmi les musiciens belges du XIXe siècle, il est un immense gaillard du Brabant Flamand que l'on surnommait "le Paganini du violoncelle" : Adrien-François Servais.

Un formidable virtuose qui parcourait l'Europe, de concert en concert, composant ses propres paraphrases pour briller en récital. Et il était régulièrement accompagné au piano, et notamment par le pianiste anversois Jacques Gregoir, avec lequel il écrivit une série de pièces, dont un duo d'après l'opéra Lohengrin de Richard Wagner...

Outre cet arrangement pour violoncelle, il y a bien sûr des versions belges pianistiques des opéras de Wagner.

Eduard Lassen, par exemple, transcrivit dans les années 1880 six extraits de Tristan et YseultEduard Lassen qui est un personnage important de cette époque, puisqu'il va notamment succéder à Franz Liszt comme Hofkappelmeister du Théâtre de Weimar, où il aura l'occasion de diriger plusieurs opéras de Richard Wagner. C'est donc un spécialiste qui rassemble des extraits de Tristan et Yseult et les arrange pour le piano 4 mains. 

Le piano 4 mains, l'une des positions musiciennes les plus inconfortables du répertoire, collés l'un contre l'autre, à se bousculer d'un accord à l'autre. Mais c'est aussi la seule manière de poser 20 doigts sur un seul clavier. Et pour transcrire un orchestre, c'est souvent bien utile. Des graves aux aigus, simultanément... Et puis c'est un beau symbole que de voir un couple de pianistes exprimer ce poème de l'amour par excellence qu'est Tristan et Yseult.

Par exemple, la Transfiguration d'Isolde et cette scène splendide où elle meurt d'amour auprès de son amant. Un moment de musique que Franz Liszt avait transcrit lui aussi, ne pouvant résister à s'approprier ce final bouleversant...

Mais ici, c'est l'Histoire et la guerre qui ont mené la musique de Wagner en Belgique, et c'est l'air du temps, quelque part au cœur des années 1880, qui fit naître cet arrangement... belge, insistons bien là dessus, un arrangement qui retrouve une seconde vie aujourd'hui...

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