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Quand la Septième de Beethoven prend un coup de soleil aux rythmes de la rumba

Quand la Septième de Beethoven prend un coup de soleil aux rythmes de la rumba
Quand la Septième de Beethoven prend un coup de soleil aux rythmes de la rumba - © Tous droits réservés

Tout le monde – ou presque – a déjà entendu au moins une fois le deuxième mouvement – l’Allegretto – de la septième Symphonie de Beethoven. Vous l’avez peut-être entendu dans un film, ou même dans plusieurs, puisqu’il y a environ une quarantaine de films qui ont repris cet Allegretto de la septième de Beethoven… Et sans compter les séries, les documentaires ou encore les publicités.

Il faut reconnaître que c’est une musique efficace, qui "marche très bien". Et c’est le cas de le dire : ça marche… Si elle n’était pas si "Allegretto", elle serait presque une marche funèbre…

Le rythme, le piège Beethovénien

Elle marche parce que l’essentiel de sa force réside dans son rythme. Un rythme immuable, inaltérable, inoxydable, inexpugnable et pourtant si simple : noire, deux croches noire, noire ; noire deux croches noire, noire. Et c’est comme ça pendant huit à neuf minutes.

Alors oui, les mélodies sont belles, oui, l’orchestration est intelligente. Mais ce rythme est atrocement compréhensible. On peut tous l’imiter dès la première écoute. Ce rythme incessant, ce mouvement lancinant, répétitif, qui tourne et tourne encore, comme pour vous plonger en transe… Et la tension s’accumule… On est entraîné inexorablement jusqu’au paroxysme.

C’est une musique qui vous attrape pour ne plus vous lâcher. Le piège Beethovénien.

Quand Beethoven se met à la Rumba

Faisons un bond dans le temps : nous sommes en 2015, 200 ans plus tard, et le pianiste Joachim Horsley fait un voyage à La Havane.

Joachim Horsley est américain, d’origine allemande. Éduqué à la musique dite "classique", il vit à Los Angeles. Il arrange, compose et joue pour le cinéma.

Et lorsqu’il découvre Cuba en 2015, il découvre aussi la Rumba et c’est tout naturellement que l’Allegretto de la septième de Beethoven lui revient en mémoire.

Mais quel peut être le rapport entre le Rumba et Beethoven, cet allemand de Bonn dont Romain Rolland disait qu’il est la force la plus héroïque de l’art moderne ? Beethoven, celui dont on prend le risque de dire que sa musique est universelle, celui dont la musique chante l’Union Européenne, celui à qui personne n’a jamais osé succéder… Quel peut être le rapport entre Beethoven et cette danse qui se développ au XIXème siècle en plein cœur de La Havane ?

Aucun. Ou plutôt une chose : la première composante musicale. Celle qui peut tout effacer, celle qui peut tout transformer : le rythme.

Joachim Horsley décide de fusionner cette force rythmique implacable de l’Allegretto de la septième et cette joie ou cette sensualité rythmique indiscutable de la rumba. Et cette transformation, elle ne peut se faire qu’à partir du rythme de la symphonie.

Horsley prend son piano, se met à jouer, déhanche les rythmes, agrémente les harmonies, demande à quelques comparses percussionnistes d’imaginer tous les sons possibles à extraire d’un piano : sur les cordes, sur le meuble, dans la pédale, un peu partout. Avec leurs mains, des baguettes ou deux-trois objets qu’on glisse entre les cordes… Et l’Allegretto de la septième commence à dandiner du bassin.

Et Beethoven prend un coup de soleil.

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