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Le Clair de Lune de Debussy, une mélodie claire, limpide et raffinée transcrite pour hautbois

Le Clair de Lune de Debussy, une mélodie claire, limpide et raffinée transcrite pour hautbois
Le Clair de Lune de Debussy, une mélodie claire, limpide et raffinée transcrite pour hautbois - © Alexander Andrews - Unsplash

Il est des matins comme celui-ci où l’on se souvient du soir qui a précédé. Ces soirs d’été où le crépuscule semble n’avoir jamais pris sa place. Le soleil a fait son temps sans rien laisser derrière lui parce que la lune s’est dit que c’était son Grand soir. Celui d’une lune-prolétaire, celui d’une lune-diva qui joue son va-tout un soir de Première.

Il n’y a pas rencard entre le soleil et la lune, il y a une compétition. Et si le premier brûle, l’autre berce. La lune est la veilleuse au chevet des enfants. Elle est cette blanche lumière qui donne au monde de la nuit sa part de rêve.

Aujourd’hui, c’est Debussy qui transporte Pierre Solot, et c’est avec son Clair de Lune qu’il a passé la nuit dernière.

Le Clair de Lune de Debussy. C’est le clin d’œil de Brad Pitt et Georges Clooney devant une fontaine de Las Vegas. Et même sans la musique, on imagine encore E.T. L’extraterrestre dans un panier de bicyclette passer au bout du ciel.

Quelle merveille cette pièce de Debussy.

Dès le début, c’est un balancement de croches, des tierces, deux notes qui voyagent parallèlement et qui ne se rencontrent jamais, comme une lune, comme un soleil.

Une mesure en 9/8, 9 croches par mesures… Mais ça tangue, les croches se suspendent, elles forment des duolets. Voilà bien une drôle de bête, un duolet, qui vous transforme trois croches en deux, comme ça, sans crier gare.

Et puis cette main gauche… A force de descendre, elle sombre en dépression, elle trouve enfin ses graves, ces basses, qui résonnent pour donner une assise profonde aux accords de la main droite qui se font suppliants, puis plus insistants, puis épanouis… La Lune est au zénith. Maîtresse de la nuit… Elle s’épanche… Les croches se sont faites doubles croches, le mouvement devient Un poco mosso, et nous emmène vers ce divin candélabre qui veut illuminer nos rêves.

On ne résiste pas, comme face au troisième verre de Vacqueyras, toujours plus puissant… Plus animé, écrit Debussy… Effleuré par l’ivresse, qui monte, ré bémol devient do dièse, quelle effronterie ! Mais à peine le temps de s’offusquer que les vibrations s’apaisent ; elles grondent encore, doucement, comme ronronne un chat. On s’y blottit, bien au creux du clair de lune, on s’y complaît. Et malgré ces quelques doubles croches qui persistent, on sent que la fin sera un retour à l’alpha. Quelques couleurs harmoniques viennent aciduler nos sens, mais c’est un éternel recommencement que nous promet l’arpège final…

Quelle merveille ce Clair de Lune…

Du piano à l’orchestre

En 2010, la célèbre maison de disques Decca demande à son fidèle arrangeur Chris Hazell d’écrire une version pour hautbois et orchestre.

Decca produit un disque avec le hautboïste allemand Albrecht Mayer et l’orchestre anglais Academy of St Martin in the Fields, à savoir le hautboïste solo de l’Orchestre Philharmonique de Berlin et le délicieux ensemble créé par Sir Neville Marriner.

Mais ce n’est pas qu’une affaire de production. C’est une très bonne idée. Parce que le Clair de Lune de Debussy n’est pas qu’un tableau évanescent. Ce n’est pas qu’une impression insaisissable. C’est une mélodie claire, limpide, raffinée.

Et citez-moi un instrument clair, limpide et raffiné. Le hautbois par exemple…

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