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L'adagio de Samuel Barber, des cordes d'un quatuor aux cordes vocales

L'adagio de Samuel Barber, des cordes d'un quatuor aux cordes vocales
L'adagio de Samuel Barber, des cordes d'un quatuor aux cordes vocales - © Tous droits réservés

Dans la chronique Copier-coller, Pierre Solot se demande pourquoi diable on s'est encore permis de secouer un chef-d'oeuvre ! Tout ça pour ne rien y changer.  Rien ?  Ou presque...

La pièce transformée, tourneboulée, chamboulée, triturée, transcrite que nous allons redécouvrir est un tube ! L'une de ces musiques qui ont fait les choux gras du cinéma.

Un tube, oui, mais pas drôle du tout : il a servi à accompagner les funérailles de Franklin Roosevelt, les funérailles du roi Baudouin, les funérailles d'Albert Einstein, les funérailles du Prince Rainier, et de Grace Kelly tout autant, et puis d'une manière générale, d'une série d'événements dramatiques mondiaux, depuis l'assassinat de John Kennedy jusqu'au 11 septembre 2001.

Et au cinéma, cette musique illustre la mort, la douleur, l'espoir aussi, mais bien souvent le drame.

Qui est Samuel Barber

Samuel Barber est américain, mort en 1981, il n'y a donc que 38 ans.  Et son Adagio a clairement éclipsé le reste de son oeuvre, et pourtant, il se trouve bien peu de monde pour dire que ce monsieur ne savait pas bien écrire la musique. C'est même tout le contraire. Barber n'a pas composé beaucoup, mais il a composé pour des genres très différents, montrant à chaque fois un véritable savoir-faire, tout à fait reconnu, notamment par le prix Pulitzer, pour l'intelligence de son écriture.

Certes, ce n'est probablement pas le compositeur le plus audacieux du XXe siècle. En même temps, il y a eu beaucoup d'audacieux au cours du XXe siècle, certains le furent peut-être même un peu trop... Mais revenons à Barber : il est l'auteur de plusieurs opéras plutôt joués outre-Atlantique, mais aussi des mélodies, des chansons remarquables et puis de l'une ou l'autre oeuvre instrumentale étonnante, dont sa Sonate pour piano par exemple qui est l'une des plus grandes sonates du XXe siècle, à n'en pas douter.

Quant à l'Adagio qui nous occupe, c'est une pièce de jeunesse. Samuel Barber a 26 ans, il a juste terminé ses études. Il écrit un quatuor à cordes et cet Adagio en est le deuxième mouvementDeux ans plus tard, Barber envoie le morceau au grand chef d'orchestre Arturo Toscanini, qui lui suggère de l'arranger pour orchestre à cordes. En gros, de gonfler la musique, d'un quatuor à un orchestre. Samuel Barber s'exécute et l'oeuvre devient le tube que l'on connaît aujourd'hui.

C'est donc une première transformation de l'oeuvre, une première transcription, qui fut absolument bénéfique pour la musique, puisque cette version transcrite est celle que nous retenons encore aujourd'hui.

Il en existe beaucoup d'autres, des arrangements de cet Adagio de Barber.  Et pour tous les styles de musique : électro, rock, techno, hard Core, mystique, rap, et on en passe. 

Une deuxième transcription de cet Adagio réalisée PAR Samuel Barber.

Il avait transformé son mouvement de quatuor à cordes pour un orchestre à cordes. Et en 1967, bien après le premier arrangement donc, Barber transforma cet Adagio pour cordes en une oeuvre vocale. Un Agnus Dei pour chœur. Plus d'instruments, ils sont remplacés par un choeur a capella... 

Et ces longues notes, ces longues lignes mélodiques viennent encore se frotter les unes contre les autres, mais c'est un souffle qui les anime maintenant et non plus un archet... Des cordes, encore... Des cordes vocales...

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