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Selon Bill Gates, il faudra apprendre à cohabiter avec l’épidémie pendant un à deux ans

S’il y a un homme dont on a envie d’avoir l’avis en ce moment, c’est Bill Gates. Le deuxième homme le plus riche au monde après Jeff Bezos, le patron d’Amazon, est aussi connu comme le plus grand philanthrope au monde, puisqu’il a donné plus de 95% de sa fortune à une fondation qui porte son nom et celui de son épouse. Dans cette triste affaire de pandémie, il est revenu sur le devant de la scène, car une vidéo de lui circule, dans laquelle, en 2015, lors d’une conférence, il prédit avec exactitude la pandémie actuelle.

D’ailleurs, comme toujours, il n’en fallait pas plus pour que certains estiment que c’est un complot de sa part dans l’unique but de vendre ses vaccins. Interrogé par mes confrères du journal Le Figaro cette semaine, voici ce qu’il répond : "que des gens puissent avoir l’idée que j’ai pu faire une chose pareille est vraiment stupide. Notre fondation sert à donner de l’argent, à sauver des vies, nous ne faisons pas d’argent avec nos projets". Voilà qui est dit, car c’est le bon sens même : pourquoi vouloir soi-disant s’enrichir avec des vaccins si, pendant des années, vous avez déjà été l’homme le plus riche du monde et que vous avez déjà donné plus de 95% de votre fortune à une Fondation ? Cela n’a évidemment aucun sens, sauf pour les amateurs de complots.

La vraie sortie de crise, c’est quand il y aura un vaccin efficace

L’autre aspect intéressant de cette interview de Bill Gates, accordée à mes confrères du Figaro, porte sur le fait que nous devrons apprendre à cohabiter avec cette pandémie pendant des mois. Et d’ailleurs, voilà ce qu’il dit à ce propos : "c’est vrai, nous n’allons pas revenir à la normale avant un à deux ans". Bien entendu, Bill Gates précise "qu’on pourra sortir de cette première phase en mettant en place un dispositif d’activité qui fonctionne sans risque de retour à la phase exponentielle de progression du début. Avec un système de tests et de traçage, nous pourrions être en mesure d’identifier les foyers d’infection rapidement et de les juguler". Mais il ajoute, "on ne reviendra pas pour autant à une activité tout à fait normale, car les gens seront préoccupés par l’idée d’être infectés et changeront drastiquement leurs comportements. Même les décisions des gouvernements ne les ramèneront pas dans les stades tant qu’il ne sera pas prouvé que les thérapies ou un vaccin rendent le risque de mort résiduel". Voilà qui est clair aussi : la sortie, la vraie sortie de la crise, c’est quand il y a aura un vaccin ou des traitements efficaces.

Et quant au rôle de la Chine, là aussi Bill Gates répond en homme d’affaires, qu’il a été pendant très longtemps. Plutôt que de chercher à savoir si ce pays a masqué ou non la vérité sur cette épidémie, il préfère dire, je le cite : "l’heure du bilan viendra, bien sûr, mais pointer du doigt les coupables aujourd’hui n’est pas une approche constructive. Notre économie est à l’arrêt, le monde souffre, la priorité devrait être à la collaboration ". Et quant à ceux qui s’inquiètent de voir que la Chine est très en avance dans la recherche médicale et dans l’intelligence artificielle, voici aussi ce qu’il répond : face aux maladies, nous sommes tous dans le même bateau. Si je suis au dernier stade du cancer, je ne vais pas me demander si la pilule que je prends vient d’un pays dont le système politique me déplaît. Nous devons célébrer le fait que le monde devienne plus intelligent et que les informations sur le coronavirus soient partagées entre les pays, car c’est comme ça qu’on vaincra". Bref, le message de Bill Gates est clair : il faudra du temps pour revenir à la normale. Ne perdons pas de temps à dénoncer la Chine, ça ne sert à rien pour l’instant, et collaborons tous ensemble !

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