Chronique économique M3

Plus d'infos

Pour les commerces, la remontée aura lieu, mais elle sera lente

Le shopping, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Tous les commerçants aimeraient croire que cette phrase est juste, c’est d’ailleurs la condition de leur survie. Mais ils devront hélas prendre leur mal en patience. Pour l’heure, le constat est simple : les commerces ont ouvert leurs portes mais, hormis le cas de Primark, ça n’a pas été la ruée sur les magasins. Les enseignes de chausses se sont plutôt bien débrouillées, et c’est normal : les pieds des enfants continuent de grandir pendant le confinement ! Les autres secteurs privilégiés sont l’électroménager et les télécoms, autrement dit des achats importants, comme des machines à laver, ont juste été reportés. Et il semblerait que le public préfère acheter ses smartphones en boutique plutôt que sur le Net.

Mais bon, c’est un début, mais il reste très poussif. Comme le faisait remarquer le syndicat neutre des indépendants, à cette période-ci, les magasins sont supposés avoir réalisé 50% de leur chiffre d’affaires pour la période allant de janvier au mois d’août. Ici, on parle royalement de 20% de chiffre d’affaires. Mais ce n’est pas étonnant, il y a les autorisations officielles, puis la réalité du terrain. En premier lieu, beaucoup de commerces ne retrouveront des couleurs que graduellement, d’abord en raison de la faiblesse de la demande. Le trafic moyen sera sans doute plus faible de 50%.

Rester fermer n’est pas une solution

Avec la question de savoir s’il est même rentable d’ouvrir, de mobiliser du personnel, pour accueillir seulement quelques clients. Surtout si, en plus, pour attirer ces clients, les magasins et boutiques doivent pratiquer des rabais. Sans oublier que le personnel n’est pas toujours disponible en raison de la garde des enfants. Mais que faire ? Rester fermer n’est pas non plus une solution : si le client passe devant le magasin et le trouve fermé, il n’est pas sûr qu’il reviendra encore. Puis, ouvrir un commerce est aujourd’hui plus compliqué que de le fermer hier. C’est un casse-tête sanitaire, surtout si, comme en France, on impose à la dernière minute une quarantaine de 24 heures aux vêtements essayés en cabine, sauf bien entendu à disposer d’un appareil qui permet de désinfecter à la vapeur.

Les commerçants sont souples, agiles, de bonne volonté, mais les règles sanitaires leur compliquent la vie et ces règles font aussi disparaître une partie du plaisir du shopping. Oui, le shopping, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Mais pas à n’importe quelle condition ! Il faudra s’armer de patience, la remontée aura lieu mais elle sera lente.