Chronique économique M3

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Pas de réouverture en vue pour les salles de fitness

La deuxième phase de déconfinement aura lieu lundi prochain en Belgique. Chacun sait maintenant qu’elle permettra aux parcs animaliers, aux marchés et à certains métiers de contact, comme les coiffeurs, de reprendre leurs activités. Mais il y a encore pas mal de secteurs qui se sentent oubliés, voire négligés par les autorités politiques. Et notamment les salles de fitness, puisque jusqu’à nouvel ordre, la pratique sportive en lieux clos reste interdite.

Là encore, les acteurs du marché ne sont pas ravis, car ils se disent prêts à rouvrir et précisent même qu’ils ont pris les mesures qu’il faut pour assurer la sécurité de leurs membres sportifs. C’est par exemple le cas de Basic-Fit, le leader de salles de fitness low cost. Basic-Fit a plus de 188 clubs en Belgique et l’enjeu financier pour ce groupe néerlandais est énorme. D’ailleurs, la plupart des clubs de fitness mettent en avant l’importance de la santé des citoyens pour inciter les gouvernements à les laisser rouvrir leurs portes. Et notamment en précisant que 83% des personnes en réanimation sont en surpoids ou obèses et donc, en bonne logique, que le sport doit être une nécessité pour les citoyens.

Des attentes hygiéniques très fortes

En réalité, la fermeture en mars et en avril est un coup très dur pour les clubs de fitness, car avec le mois de septembre, ce sont les meilleurs mois de l’année. Certains comparent cela à une fermeture des magasins de jouet à Noël ! Il faut dire que la réouverture des salles de fitness est une question de nécessité financière, même si le système par abonnement peut parfois amortir le choc. Mais les coûts de la réouverture sont déjà connus : il faudra condamner certains appareils, comme les équipements cardio, il faudra arrêter des cours de cycling et de boxe, les clubs avec piscine ne pourront sans doute pas les utiliser ; il faudra aussi acheter du gel, des masques, augmenter la fréquence du nettoyage, donc augmenter les coûts de nettoyage.

C’est l’une des conséquences de ce confinement : le citoyen est devenu maniaque en matière de propreté et le laisser-aller d’hier ne sera plus supporté demain. Les attentes hygiéniques seront désormais beaucoup plus fortes dans n’importe quel commerce ou activité. Et puis, comme d’habitude, le virus va jouer son rôle darwinien dans la sélection des entreprises qui resteront et celles qui, hélas, disparaîtront. Le low cost risque en particulier de souffrir, car son modèle économique est basé sur des petits prix, une forte densité et peu de personnel. Comment s’assurer par exemple que les mesures de distanciation seront respectées ? Cet exemple, parmi tant d’autres, montre une fois de plus que sortir du confinement est plus compliqué que d’y entrer.