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Les Carmina Burana, des poèmes médiévaux rendus célèbres par Carl Orff

Les Carmina Burana sont un ensemble de 24 poèmes médiévaux qui ont été rendus célèbres par la musique de Carl Orff. Étymologiquement, le terme de Carmina Burana signifie des Chants de Beuern, en référence au Monastère de Benediktbeuern où ont été retrouvés ces poèmes médiévaux.

Au commencement, il y avait des goliards

Ces poèmes – ou tout au moins le manuscrit qui les contient – datent du XIIIe siècle et sont le fruit de goliards, des clercs renégats sans domicile fixe qui au Moyen-Âge s’intéressaient plus à l’émeute et au jeu qu’à mener une vie exemplaire de citoyens responsables. Ce que l’on sait avec certitude, c’est que leur langage était peu soigné et que leurs textes étaient des satires qui étaient à peu près toutes dirigées contre l’Eglise et qui attaquaient même le Pape. Ils ont donc semé un certain trouble et pour les contrer, en 1227, le Concile de Trêves défend les prêtres d’encore autoriser les goliards à chanter pendant l’office. Ces mêmes goliards auraient joué un rôle de premier plan lors des grèves de l’Université de Paris en 1229, grèves qui ont duré deux années et qui aboutie à l’indépendance intellectuelle et juridique de l’Université de Paris par rapport à l’Eglise. Les goliards n’étaient pas en odeur de sainteté et tous les privilèges du clergé leur ont été retirés petit à petit.

Des textes aux sujets peu catholiques

Les sujets des écrits de ses fameux goliards varient : satires politique et religieuse, chanson à boire, chanson d’amour d’une franchise inhabituelle. Ils n’hésitaient pas à y évoquer ouvertement l’hédonisme et à y renier l’éthique chrétienne. Les connaissances actuelles de la poésie et de la musique médiévale suggèrent que tous les poèmes étaient destinés à être chantés même si seuls quelques-uns d’entre eux sont accompagnés de musiques dans le manuscrit. Au niveau du style musical, les chansons d’amour ressemblent à celle des trouvères. Les chansons les plus goliardiques ont une forme métrique plus simple et un style répétitif assez peu sophistiqué. Et dans le recueil qui nous intéresse, celui rédigé au XIIIe siècle en Bavière, les poèmes font largement l’éloge du vin ainsi que celui de leur existence révoltée. Ces poèmes ont été écrits en allemand en vieux français et en latin et c’est en 1803 qu’on a retrouvé ce recueil dans l’Abbaye de Benediktbeuern et il a été publié à la fin du XIXe siècle sous le nom de Carmina Burana.

De la musique pour ces poèmes médiévaux chantés

Le compositeur allemand Carl Orff a découvert ces poèmes dans un ouvrage intitulé Wine, Women and Song qui comprenait 46 poèmes du recueil traduits en anglais. Et avec un ami passionné par le latin, il en a sélectionné 24 afin de les mettre en musique. Ces textes parlent en particulier de fluctuation constante de la fortune et de la richesse, de la nature éphémère de la vie, de la joie procurée par le retour du printemps, mais aussi des plaisirs de l’alcool, de la bonne chère, du jeu et de la luxure.

Les Carmina Burana dans la Cité interdite de Pékin

Interprétés par de prestigieux solistes, Ludovic Tézier (baryton), Aida Garifullina (soprano) et Toby Spence (ténor). Avec les Chœurs de l’Académie de chant de Vienne et l’Orchestre symphonique de Shanghai dirigés par Long Yu.

Disponible jusqu’au 13 juin 2019.

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