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George Gershwin, le destin d'un génie

Rhapsodie in blue, Fantasia (Disney 2000)
Rhapsodie in blue, Fantasia (Disney 2000) - © Tous droits réservés

Né Jacob Gershowitz, Georges Gershwin est un immense compositeur américain. Il ne dépassera pas l’âge de 38 ans et pourtant, en seulement une dizaine d’années il deviendra l’une des plus grandes stars de la scène musicale des années 20. Le talent de Gershwin a été de mélanger les genres faire cohabiter le classique, le jazz et les chansons populaires.

Il est né en 1898, à New-York dans une famille juive originaire de Saint-Pétersbourg, c’était un enfant très actif, turbulent, pour qui l’école ne constituait pas une priorité, quant à la musique, rien dans les gènes familiaux ne l’y prédispose : son père est dans le commerce et s’essaye à la vente de chaussures, à la restauration, à la boulangerie et même aux bains turcs, c’est une famille de commerçant aguerrie dans laquelle la culture occupe peu de place.

Sa première rencontre avec la musique

Pour le petit Jacob, surnommé Georges, l’apprentissage se fait dans la rue, son lieu de prédilection et c’est assez logiquement dans la rue qu’il va découvrir la musique. On est à Harlem et Georges a environ 6 ans quand il entend pour la première fois un piano mécanique, piano automatique qui diffuse de la musique grâce à des cartes perforées et ce piano joue la Mélodie en fa d’Anton Rubinstein, ancien fondateur et directeur du Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Pour le jeune Gershin, c’est la révélation et il semble qu’il ait su dès ce moment-là qu’il voulait devenir musicien. Sa chance fut d’avoir comme compagnon de jeu Max Rosen, un violoniste en herbe. Max parle pendant des heures de musique avec lui et lui présente un autre copain dont les parents ont un piano sur lequel il fera vraisemblablement ses premières armes.

Un apprentissage de la musique soutenu par ses parents

Dans un premier temps, le petit Georges aura plusieurs professeurs du quartier, dont il dépassera rapidement le niveau, sa première rencontre musicale importante sera avec Charles Hambitzer, pianiste et compositeur qui va lui faire découvrir Bach, Liszt, Beethoven, Debussy, Ravel et qui va l’inciter à assister à de nombreux concerts. Il disait de lui :

J’ai un étudiant qui laissera sa marque en musique, le garçon est un génie, il n’y a aucun doute.

Il lui fait découvrir la musique des grands compositeurs européens mais Gerswhin garde néanmoins toujours une attirance irrépressible pour le jazz.

Georges Gershwin, song plugger

Au niveau de son apprentissage scolaire, au début de son adolescence, ses parents ont toujours l’ambition de le faire étudier et de lui faire embrasser une carrière "un peu sérieuse", sa maman l’inscrit dans la section Comptabilité d’une petite école de commerce mais ses résultats sont désastreux et dès ses 15 ans il quitte l’école et trouve un boulot de song plugger chez Remick and Co : il est démonstrateur de chanson dans le magasin, pour faire découvrir les dernières chansons aux clients, afin qu’ils en achètent les partitions. Ce boulot lui permet de s’entraîner, de commencer à composer - même si la maison ne veut pas entendre parler de ses partitions dans un premier temps – et puis de rester au courant des musiques qui sont dans l’air du temps. Il devient rapidement l’un des song pluggers les plus en vue à New-York, il rencontre des artistes et des journalistes, rencontres qui pourront lui être utiles plus tard.

Rhapsodie in blue, un chef-d’œuvre composé en quelques jours

Il fait son chemin et décide de se consacrer entièrement à la composition. Son modèle, c’est Jerome Kern qui compose des chansons populaires et des comédies musicales et avec lequel il a l’occasion de travailler.

En 1917, Gershwin connaît son premier succès grâce à sa pièce pour piano Rialto Ripples et en 1919, avec sa première composition pour une comédie musicale de Broadway La La Lucille, sa notoriété sera faite.

En 1924, Georges Gershwin travaille avec son frère Ira à la comédie musicale Lady, Be Good qui comporte des standards comme Fascinating Rhythm ou comme Oh Lady Be Good. A New-York, il fréquente entre autres le chef Paul Whiteman qui essaye de le convaincre de composer une pièce qui soit du jazz occidentalisé. Mais vu le peu d’entrain qu’y met Gershwin, Whiteman annonce début janvier 1924 au New-York Herald Tribune que son prochain concert comportera une symphonie de Gershwin. Ce dernier l’apprend par voie de presse et se met au travail. Paul Whiteman et le premier violon de son orchestre lui apportent leur aide. Rhapsodie in blue, d’abord appelée An American Rhapsodie est composée entre le 7 et le 24 janvier 1924. La première a lieu lors d’un concert intitulé An experiment in modern music, on est le 12 février 1924 et c’est Georges Gershwin qui crée l’œuvre au piano avec l’orchestre de Paul Whiteman, qui en était le commanditaire.

Rhapsodie in blue a établi la réputation de Gershwin comme compositeur de renom et est devenue depuis l’une des œuvres orchestrales américaines les plus populaires.

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