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"Yomeddine", un film rempli de générosité, de bienveillance, d'empathie

Yomeddine, un film rempli de générosité, de bienveillance, d'empathie
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Yomeddine, un film rempli de générosité, de bienveillance, d'empathie - © Tous droits réservés

Cette semaine dans sa chronique cinéma, Nicolas Buytaers nous parle, selon ses dires, d’un coup de cœur égyptien, d’un film d’horreur qui n’en est pas un et d’un film de super-héros ennuyant.

Une chronique cinéma à écouter dans son intégralité ci-dessous.

Yomeddine

Beshay est lépreux. Enfin, s’il garde les stigmates de la maladie, avec son visage, son corps et ses mains déformés, il est aujourd’hui guéri. Il n’est plus contagieux. Mais il vit toujours dans sa léproserie perdue là en plein milieu du désert égyptien. Beshay fouille régulièrement dans la décharge du coin pour y trouver de quoi revendre plus tard et gagner par la même occasion l’argent nécessaire à sa survie et à celle de sa femme gravement malade. Quand celle-ci meurt, le jour de son enterrement, Beshay reçoit la visite d’une parente de sa femme. Et là, il se remet à penser à sa propre famille. Le lendemain, Beshay est prêt à tout pour retrouver son père qui l’a abandonné il y a 40 ans. Commence alors pour notre homme un incroyable voyage à travers l’Egypte.

Yomeddine est le premier film du réalisateur Abu Bakar Shawky présenté en compétition officielle à Cannes l’année dernière. Il s’agit d’un drame doublé d’une comédie d’aventure. Il y aborde plein de belles choses : bien sûr c’est un plaidoyer pour la différence et l’acceptation de celle-ci. C’est aussi une critique de la société, une interrogation autour de la famille, de l’amitié, de la pauvreté, de l’entraide. Ces pauvres qui s’aident entre eux mais qui sont aussi violents puisqu’ils se volent les uns les autres alors qu’ils n’ont rien.

Alors oui, il y a des maladresses dans ce film mais il y a aussi beaucoup de générosité, de bienveillance, d’empathie pour ce drôle de héros mais pas de misérabilisme. Ce n’est pas non plus un film carte postale sur l’Egypte, on découvre ce pays tel qu’il est aujourd’hui, tantôt beau, tantôt terriblement laid. Mais finalement qu’importe l’apparence, à l’image de Beshay, ce qui compte c’est le message ultra-positif qu’il véhicule à travers cette belle humanité !

Ma

Ma c’est le diminutif aimant de "maman". Cette maman, c’est Sue Ann. Elle est assistante vétérinaire dans une petite ville de l’Ohio. Un état, comme partout aux Etats-Unis, où il faut plus de 21 ans pour acheter de l’alcool. Un jour, de grands ados demandent à Sue Ann de leur acheter de l’alcool pour aller faire la fête dans des ruines pas loin de la ville. Sue Ann accepte et propose encore mieux : pour que leur fête se passe réellement sans encombre, elle leur propose de l’organiser dans sa cave chez elle. Intrigués par tant de générosité mais attirés par cette proposition, ils acceptent. En quelques semaines, Sue Ann rebaptisée "Ma" devient la coqueluche du lycée car les fêtes organisées dans sa cave ont bonne réputation. Oui mais voilà, chez Ma, il y a pas mal de rancœurs, de noirceur et un mauvais fond très profond. Cette maman va alors devenir terriblement intrusive et dangereuse.

On doit ce film d’horreur à Tate Taylor, le réalisateur de "La couleur des sentiments" mais aussi "La fille du train", deux succès de librairies, sans oublier "Get on up" le biopic sur James Brown. Donc il sait raconter une histoire. Sauf qu’ici, son film d’horreur n’en est pas vraiment un. C’est trop long, trop lent, poussif et trop prévisible. On devine trop facilement ce qui anime réellement Sue Ann. Donc si certaines scènes au début vous surprendront et vous feront sauter de peur dans votre fauteuil, il faudra attendre les 10 dernières minutes pour avoir un peu de sang, un peu de gore… mais c’est trop tard, l’ennui s’est déjà bien installé !

X-Men, Dark Phoenix

Les films de super-héros sont à la mode en ce moment, ils cartonnent et pourtant Nicolas Buytaers qui a été levé dans cette culture-là, entre autres, n’en peut plus car il y en a trop. Et ce "X-Men, Dark Phoenix" de Simon Kinberg est peut-être déjà celui de trop. Les X-Men sont des super-héros intéressants. Ce sont des mutants. Ils ont tous un super-pouvoir mais ils sont vus comme des monstres ni gentils ni méchants ! Dans cette suite de la saga, on se penche sur Jean Grey, la plus puissante des télépathes de la planète. Lors d’une mission de sauvetage dans l’espace, elle est frappée par un mystérieux nuage qui augmente ses pouvoirs mais aussi sa colère et fait apparaître son côté obscur. Devenue tout aussi amère que sombre, Jean est une menace pour l’humanité !

L’histoire racontée est plate, sans intérêt et répétitive. Le tout emballé dans une débauche d’effets spéciaux déjà vus maintes fois au cinéma. Cet épisode n’apporte rien. On s’y ennuie ferme. Il ne fait pas avancer le schmilblick. Comme si, les films de super-héros n’arrivaient plus à nous divertir ! ? Comme si les films de super-héros n’avaient plus rien à nous raconter, à nous dire sur nous, sur ce que nous sommes, sur nos différences, notre humanité (encore elle, c’est notre super-pouvoir qui nous permet de surmonter les embûches) ! Les films de super-héros décortiquent notre condition humaine.

 

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