Chronique cinéma

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The Gentlemen, un polar rythmé dans la jungle londonienne des cartels de la drogue

En attendant que les salles de cinéma rouvrent, tous les mercredis, Nicolas Buytaers nous présente des sorties DVD. Et il commence par un polar anglais.

The Gentlemen

Dans la jungle, la seule façon pour un lion de survivre c’est d’être un roi… Oui mais voilà, dans cette jungle londonienne, car notre histoire se passe à Londres, des lions, il y en a toute une troupe et ils veulent tous régner sur le même territoire. Le film "The Gentlemen" relate donc une guerre des gangs, virile, musclée où l’on tire d’abord et où l’on discute après. Une guerre de fauves bien loin du sympathique "Hakuna Matata" du Roi Lion. Une guerre racontée par un journaliste tout aussi véreux et corrompus que les mafieux qu’ils dénoncent…

"The Gentlemen" est une pure réussite. Avec ce film, Guy Ritchie revient à ce qu’il a toujours fait de mieux, soit des polars rythmés, des histoires à tiroir, des punchlines, des flingues, des voyous crades et d’excellents seconds rôles. La preuve : c’est lui qui a réalisé "Crimes, arnaques et botanique" et "Snatch" ! Ici on retrouve la même verve, le même talent avec une bande de lions emmenée par Matthew McConauguey en truand élégant, Colin Farrell en coach habillé en training en peau de pêche et au phrasé quasi incompréhensible… Et puis, il y a surtout Hugh Grant en vilain journaliste vicieux, un pur régal… "The Gentlemen" est un film élégant où les bastos et les bourre-pifs pleuvent sur une BO, elle aussi, stylée !

Citizen Jane, l’Amérique selon Fonda

Le documentaire "Citizen Jane, l’Amérique selon Fonda" est à voir ou revoir sur Auvio. S’il existe encore bel et bien une grande icône en Amérique, c’est Jane Fonda. C’est bien simple, Jane Fonda, c’est l’Amérique. Tout au long de sa vie, qu’elle soit professionnelle ou privée, Jane a façonné les mythes US. Elle a aussi révélé les contradictions de son pays. Pure symbole et héritière d’un certain star-system hollywoodien, elle est la fille de l’acteur Henry Fonda… Mais c’est en France qu’elle se fait surtout connaître avec l’excellent thriller psychologique de René Clément "Les félins" dont elle partage l’affiche en 1964 avec un tout jeune Alain Delon. En 1968, plus érotique que jamais, elle incarne Barbarella pour Roger Vadim.

Actrice engagée et pacifiste, ces années-là encore, Jane Fonda va s’opposer à la guerre du Vietnam. Plus tard, ce sera la guerre en Irak, les deux invasions. Star oscarisée à deux reprises, productrice, féministe, reine de l’aérobic et femme d’affaires redoutable, Jane Fonda mène plusieurs vies et plusieurs combats de front sans rien céder de son intégrité. Le dernier en date : le réchauffement climatique qu’elle dénonce par les mots et par les gestes quand elle n’est pas arrêtée. C’était en octobre 2019, lors d’une manifestation à Washington. À 81 ans, on l’a vue menottée mais pas bâillonnée ! Donc à travers ce portrait de star, ce documentaire raconte aussi l’histoire sociale et politique de l’Amérique. Une histoire à ne pas manquer !

Un documentaire à voir sur Auvio.

 

Cats

Il s’agit du film inspiré de la célèbre comédie musicale créée en 1981 du côté de la Tamise. Ce film est tout aussi fascinant qu’étrange. D’abord, il faut aimer les comédies musicales. Ça paraît bête mais c’est important de le souligner. Ce film chanté et dansé raconte l’histoire de chats de gouttières qui se réunissent pour une grande fête… Fête où sera désigné le chat qui pourra accéder au paradis et renaître sous une nouvelle forme !

À la fois beau et étrange, ce film réalisé par Tom Hooper – qui avait déjà réalisé "Les Misérables" avec Hugh Jackman, une autre adaptation de comédie musicale – ne laisse personne indifférent, on aime ou on déteste. Mais en attendant, entre les numéros de danses – ballet classique, hip-hop ou claquettes - les décors colorés et les effets spéciaux, il y a de belles réussites dans ce film.

Il y a aussi un beau casting avec, entre autres, Judi Dench, Taylor Swift, Idris Elba et Ian McKellen. Ils ont beau être maquillé en chat, on les reconnaît… Et cet anthropomorphisme est troublant. Alors oui, c’est extravagant, étonnant et soûlant aussi parfois mais bon "Cats" est une œuvre originale et féerique… Chat… virante !

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