Chronique cinéma

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The Father avec Anthony Hopkins, un film poignant qui nous plonge dans l’esprit d’un homme atteint d’Alzheimer

Nous n’avons pas rêvé la semaine dernière, les salles de cinéma sont bel et bien ouvertes. Avec de belles sorties pour rattraper le temps perdu avec notamment "The Father", avec Anthony Hopkins !

The Father

A l’écoute de la bande-annonce, on pourrait vous présenter ce film comme un thriller. Anthony a 81 ans. Il a vécu les plus beaux moments de sa vie dans son magnifique appartement. Un lieu qu’il partage aujourd’hui avec sa fille et le copain de celle-ci. Le vieil homme voit d’un très mauvais œil cette cohabitation. Il y a quelque chose qui cloche. Des objets disparaissent quand ils ne sont pas déplacés. Pire encore, Anthony a l’impression que sa fille veut se débarrasser de lui… Mais on pourrait aussi vous le présenter comme un drame puissant (ce qu’il est) : Anthony est atteint de la maladie d’Alzheimer. Alors que sa fille et son fiancé viennent habiter chez lui pour l’aider, le vieil homme ne comprend plus ce qui se passe autour de lui. Ses repères disparaissent de plus en plus au fur et à mesure qu’il perd la mémoire…

"The Father" est tout aussi bouleversant que poignant et remarquable. Il y a d’abord la prestation de l’acteur Anthony Hopkins, tout récemment oscarisé pour ce rôle. Avec son talent, il y apporte toute la fragilité nécessaire, la complexité aussi. Avec son âge (proche de celui de son personnage), il y a un certain naturalisme dans ce qu’il propose. Mais là où le film du réalisateur français Florian Zeller (inspiré de sa propre pièce de théâtre) est fort, c’est qu’il nous permet de rentrer dans la tête d’Anthony pour vivre, à travers son esprit et sa vision des choses, tous ces chamboulements liés à son Alzheimer. Sans oublier que ce film traite avec énormément de justesse de la vieillesse, de la maladie, de la sénilité, de la fin de vie et de la mort. Même si c’est très hollywoodien, ce film reste touchant et réussi !

Cinquième set

Alors que la planète sportive a les yeux rivés sur l’Euro de football, Nicolas Buytaers nous ramène sur les courts de Roland-Garros, qui vient de se terminer, avec un film intitulé "Cinquième set". Dans cette histoire, Thomas Edison est un joueur de tennis français très prometteur. Hélas, depuis sa demi-finale perdue à Roland (pour les intimes) alors qu’il n’avait même pas 18 ans, sa carrière n’a jamais vraiment décollé. Aujourd’hui, il donne des cours dans l’école de tennis de sa mère mais il rêve de mieux, d’un petit quelque chose de plus. Il rêve de victoire et surtout de revanche. Edison veut, peut briller une fois de plus sur la scène internationale. À 37 ans, il n’a pas dit son dernier mot et, même si son genou le fait atrocement souffrir, il décide de passer les qualifications du célèbre tournoi parisien !

"Cinquième set" est un drame sportif réalisé par le français Quentin Reynaud avec dans le rôle de Thomas Edison un Alex Lutz incroyable de véracité. Lutz est un acteur caméléon bourré de talent. Il nous fait rire quand il incarne la secrétaire de rédaction Catherine (à la télé dans "Catherine et Liliane"). Il nous a émus dans "Guy" en chanteur retraité. Ici, nous allons souffrir avec lui sur la terre battue. Il est plus vrai que nature en joueur de tennis vieillissant et plein de doutes mais aussi et surtout plein d’envie.

Ce "Cinquième set" revient avec un certain intérêt sur les espoirs et les désespoirs des sportifs. Ce film évoque assez bien cette question difficile : quand faut-il s’arrêter ? Quand on joue sans plaisir ou quand le corps ne suit plus ? Pour y répondre, Alex Lutz propose donc un très beau jeu, au propre comme au figuré (lui qui a avoué à nos confrères français du Parisien posséder avant ce film "un niveau de mauvais badminton de plage"). Petit bémol : les dernières minutes du film où son réalisateur semble oublier qu’il fait du cinéma pour nous proposer de bêtes plans télévisés.

The misfits

"The misfits" est un thriller américain de Renny Harlin (un spécialiste du genre bourré d’action avec "Piège de cristal 2", "Driven" et "Cliffhanger"). On y suit les traces de Richard Pace, un célèbre voleur qui a toujours bossé en solo. Le voilà recruté par une bande de Robin des Bois surnommés les Misfits, que l’on peut traduire par "les Marginaux", pour dérober une énorme quantité d’or cachée dans l’une des prisons les mieux gardées du monde…

"The misfits" est un film de braquage qui flirte avec le film de prison, soit un mélange entre la saga "Ocean" de Steven Soderbergh avec George Clooney et "L’évadé d’Alcatraz" avec Clint Eastwood. Sauf qu’ici pas de George ni de Clint mais un Pierce… Brosnan, Pierce Brosnan… Toujours aussi élégant et taquin. Terriblement efficace davantage qu’innovant, "The Misfits" propose un spectacle divertissant à la morale bien propre.

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