Chronique cinéma

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"Martin Eden", un drame social de Pietro Marcello, inspiré du roman éponyme de Jack London

Comme tous les mercredis avant la réouverture des salles de cinéma début juillet, Nicolas Buytaers vous présente les sorties DVD. Et il commence par l’un de ses coups de cœur de 2019.

Martin Eden, de Pietro Marcello

"Un jeune aigle qui veut se hisser dans un nid de hiboux !" Elle est belle cette périphrase et elle résume bien la vie de Martin Eden. C’est le nom de notre héros… Un jeune ouvrier qui tombe amoureux d’une fille de bourgeois. Par amour, Martin va se lancer dans l’écriture. Il veut devenir écrivain pour impressionner la demoiselle. Il veut lui montrer, non seulement, qu’il a de belles mains, bien dures, bien fermes… Mais qu’il a aussi un cerveau, un intellect. En attendant, la révolution gronde à Naples. Et cette passion socialiste pourrait anéantir l’amour de Martin pour sa belle.

Ce drame social de Pietro Marcello est bien entendu inspiré du roman éponyme de Jack London publié en 1909. Je n’irai pas par quatre chemins, ce livre c’est LE livre du XXe siècle. On y retrouve du romanesque, de la politique, de la philosophie, de l’aventure, du désespoir et beaucoup d’amour ! Et, bien entendu, tout le talent de Jack London, merveilleux conteur qui a vécu quasi toutes les expériences qu’il raconte dans ses livres. Dans ce film, l’idée de transposer le roman de London – initialement tout se déroule à San Francisco - dans le Naples de ce début de XXe siècle est une idée osée mais une idée réussie. Si l’aspect "lutte des classes" y est accentué, l’histoire d’amour reste toujours bel et bien à sa place. Un détail encore, Martin Eden est interprété par Luca Marinelli.

Ce film avait été présenté à la Mostra en septembre 2019 et Luca était reparti de Venise avec le Prix d’interprétation, au nez et à la barbe (et aux cheveux verts) de Joaquin Phoenix avec son "Joker" ! Chauvinisme italien ou gage de jeu exceptionnel ? À vous de le décider en (re)découvrant en DVD ce film sorti chez Imagine !

1917, de Sam Mendès

Nous sommes en pleine Bataille des Flandres entre juillet et novembre 1917. Cet épisode de la Grande Guerre oppose Anglais, Canadiens et Français aux Allemands. C’est au cours de cette bataille que Blake et Schoffield, deux soldats anglais, reçoivent l’ordre de traverser les lignes ennemies pour délivrer un message d’une extrême importance. Un message qui peut sauver la vie de milliers de soldats dont le frère de Blake. Nos deux coursiers n’ont même pas 24h pour réussir leur mission… quasi suicidaire !

Voilà ce que nous propose ce "1917" : une plongée dans les tranchées de 14-18, une immersion totale dans cette Première Guerre Mondiale. Ce film est réalisé par Sam Mendès, à qui on doit également "Skyfall" ou encore "American beauty". Ce film est sorti la première semaine de janvier, époque où on se disait que 2020 allait être une chouette année. Mendès nous propose cette plongée avec un plan séquence de plus de 2 heures – un plan séquence étant une scène réalisée d’une traite, sans interruption ni coupure. Enfin, il s’agit d’un vrai faux plan séquence car il a en réalité assemblé plusieurs plans séquences pour n’en faire plus qu’un… Mais qu’importe… Le défi est réussi et ce film reste techniquement bluffant. Nous voilà transportés au cœur de l’action, nous voilà jouant le troisième soldat, nous participons à cette mission impossible, nous ressentons les mêmes peurs que nos deux héros, les mêmes angoisses… Et nous les vivons nous aussi dans nos tripes ! C’est prenant et à couper le souffle, au propre comme au figuré !

En plus ce film est emporté par la crème de la crème du Cinéma britannique avec entre autres Benedict Cumberbatch, Colin Firth, Mark Strong, Richard Madden et Andrew Scott. Si vous l’aviez raté en salles, "1917" est à récupérer là, maintenant, tout de suite…

Hommage à Guy Bedos et Jean-Loup Dabadie sur Auvio

Coup sur coup, nous avons appris, ces dernières semaines, les disparitions du dialoguiste Jean-Loup Dabadie et de l’humoriste Guy Bedos. Les deux hommes étaient les meilleurs amis du monde et ils avaient, entre autres, partagé l’affiche de cette double comédie culte… "Un éléphant ça trompe énormément" et "Nous irons tous au paradis" du cinéaste Yves Robert. Dans ces deux films-là, il y a quelques bassesses et veuleries… Mais il y a surtout beaucoup d’élégance. On y suit les aventures amoureuses d’une bande de potes : Jean Rochefort, Victor Lanoux, Guy Bedos et Claude Brasseur. Ils sont dans la force de l’âge, ils sont beaux, ils se disent tout, ils se disputent, ils se moquent les uns des autres mais ils s’aiment et se coupent en 4 pour s’entraider. Ce diptyque c’est la plus belle définition de l’amitié du Cinéma français. C’est drôle, c’est touchant, c’est caustique juste comme il faut et c’est à (re)voir sur Auvio toute cette semaine !

Un éléphant, ça trompe énormément, disponible sur Auvio jusqu’au 16 juin.

Nous irons tous au paradis, disponible sur Auvio jusqu’au 16 juin.

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