Chronique cinéma

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"M", un "documentaire couteau" qui enlève le mal

"M", un "documentaire couteau" qui enlève le mal
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"M", un "documentaire couteau" qui enlève le mal - © Tous droits réservés

Cette semaine dans sa chronique cinéma, Nicolas Buytaers nous parle du documentaire M et des films Maurice et Le daim

Une chronique cinéma à écouter dans son intégralité ci-dessous.

M

" M " est un documentaire, tourné en Israël et racontant l’histoire de Menahem. Menahem a grandi à Bneï Brak, la capitale mondiale des haredim, des juifs ultra-orthodoxes. Quand il était petit, Menahem avait une voix incroyable, une voix d’or. Sa voix était tellement belle que c’est lui qui interprétait les chants liturgiques à la synagogue. Alors que sa voie semblait toute tracée dans cette vie pieuse, à 20 ans, il quitte tout et tout le monde. Il abandonne les siens et part vivre à Tel-Aviv rongé par un terrible secret, une horrible vérité : durant toute son enfance, il a été violé par les rabbins qui le vénéraient.

Devant la caméra de la réalisatrice Yolande Zauberman, Menahem revient dans la communauté de son enfance, pour pardonner, pour se réconcilier avec son passé, pour retrouver aussi d’autres enfants (devenus adultes) qui comme lui ont connu l’horreur !

Tourné principalement à la tombée de la nuit, ce film révèle l’indicible, de lourds secrets. Les témoignages de ce film sont prenants, touchants, difficiles à entendre mais nécessaires. Nécessaires pour briser ce silence, ces abus sur enfants au sein de n’importe quelle société, n’importe quelle religion.

On y découvre la colère, la honte et le désœuvrement des victimes, le silence de cette communauté repliée sur elle-même et puis surtout la force de la réconciliation. C’est peut-être tourné la nuit, le thème est sombre mais une lumière se dégage de cette histoire. Un "film couteau" comme le décrit sa réalisatrice en citant Kafka… un film qui gratte, qui enlève le mal. Un film récompensé du Bayard d’or du meilleur film au dernier Festival du Film Francophone de Namur !

Maurice

Ce film est sorti pour la première fois en 1987. À l’affiche de celui-ci, un jeune Hugh Grant, qui n’était pas encore la star de "Coup de foudre à Notting Hill". "Maurice" nous plonge quelques années avant la Première Guerre mondiale. Maurice est un jeune bourgeois qui vit à Londres. Il est intelligent et sensible. Et il va surtout tomber amoureux de Clive. Et dans cette société victorienne terriblement puritaine, il faut lutter encore et toujours afin/avant d’avouer son homosexualité !

Ce film est réalisé par James Ivory ("Les vestiges du jour", "Retour à Howard ends", "Chambre avec vue" et récemment "Call me by your name"… qui racontait aussi des amours homosexuels). C’est un réalisateur qui a énormément de talent, de sensibilité, de douceur, d’honnêteté. Et tout cela ça se voit à l’écran dans " Maurice ", film pour lequel il a obtenu le Lion d’argent à la Mostra et qui a également valu a Hugh Grant et James Wilby le prix d’interprétation masculine toujours au Festival de Venise.

Un classique à voir ou revoir aujourd’hui en version restaurée.

 

Le daim

Le daim… comme la veste en daim et à franges que Georges achète une véritable petite fortune sur un coup de tête. Mais cette veste lui donne, selon ses propres mots, "un style de malade". Cet achat impulsif cache en réalité un sérieux mal-être chez Georges. Il est largué. Et il se retrouve perdu dans les montagnes, mais, avec cette veste en daim qui lui parle et qui lui demande de se débarrasser de toutes les vestes de la planète afin que ce daim reste unique. Georges va donc s’exécuter et exécuter toutes les personnes qu’il croise pour leur voler leurs vestes !

Cette histoire complètement barrée est signée et réalisée par Quentin Dupieux. Réalisateur décalé mais aussi musicien (M. Oizo c’est lui) Dupieux emmène dans ce délire Jean Dujardin qui propose dans son interprétation de Georges ce qu’il a de plus animal en lui. Il faut dire que plus le film avance, plus Georges s’équipe et s’habille en daim…

Ce film aurait pu être encore plus délirant, encore plus fou et surtout plus encore plus stylisé… si Dupieux s’était un poil plus appliqué. On sent la blague de potaches vite écrite, vite réalisée. C’est dommage car Dupieux possède un véritable univers drôle et intéressant comme dans ses films "Steak", "Rubber" (l’histoire d’un pneu serial killer) et le génial "Réalité" !

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