Chronique cinéma

Plus d'infos

"Les Misérables" de Ladj Ly, un cri d'alarme récompensé à Cannes en 2019

"Les Misérables" de Ladj Ly, un cri d’alarme récompensé à Cannes en 2019
2 images
"Les Misérables" de Ladj Ly, un cri d’alarme récompensé à Cannes en 2019 - © Tous droits réservés

Dans sa chronique cinéma de cette semaine, Nicolas Buytaers nous parle des "Misérables", non pas ceux de Victor Hugo, mais bien ceux de Ladj Ly.

Une chronique cinéma à écouter dans son intégralité ci-dessous.

Les Misérables

Stéphane, Chris et Gwada sont policiers à la BAC, la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 9-3. Une banlieue chaude à plus d’une heure de Paris quand tout va bien. Stéphane vient de Cherbourg. Il découvre son nouvel environnement avec des yeux hallucinés… D’autant plus que la tension gronde entre les groupes du coin.

25 après La Haine de Mathieu Kassovitz, on n’avait plus aussi bien raconté la banlieue. Ce film est réalisé par Ladj Ly, un réalisateur du collectif Kourtrajmé. Il est originaire de Montfermeil et, par conséquent, il sait de quoi il parle. Il avait aussi signé des web documentaires tournés entre autres pendant les émeutes de 2005. On lui doit aussi des docu-fictions toujours sur les banlieues. Avec Les Misérables, il propose un premier long-métrage classique mais réalisé comme un documentaire. D’où sa sincérité, son ultraréalisme, son authenticité. Tout ce qui est montré dans ce film, le réalisateur l’a vu et l’a vécu.

Ce film est un cri d’alarme, lancé et répercuté tant du côté des jeunes abandonnés par l’Etat que du côté de la police, qui se sent, elle aussi, isolée.

Les éblouis

Camille a 12 ans. Pleine de vie, elle ne jure que par sa grande passion, le cirque. Un jour, ses parents intègrent une communauté religieuse basée sur le partage et la solidarité dans laquelle tout le monde doit s’investir pleinement. Mais pou Camille, cette communauté est surtout synonyme de prison. Elle ne peut plus rien faire, plus ce qu’elle est en tout cas. Il y a de la rébellion dans l’air mais comment affronter une secte quand on n’a que 12 ans ? Et comment se battre pour sauver ses frères et ses sœurs ?

Les éblouis revient sur la véritable épreuve vécue par sa réalisatrice Sarah Suco. Enfant, elle et sa famille ont vécu dans une communauté charismatique pendant dix ans. Pour son premier film, elle voulait dénoncer ces sectes qui vous privent de liberté au nom d’un certain idéal.

L’embrigadement, les dérives sectaires, tout cela est montré et dénoncé dans ce film lui aussi authentique et vrai, emmené par Camille Cottin, Eric Caravaca et Jean-Pierre Darroussin en berger, grand gourou sectaire.

Les autres sorties

Joyeux Retraite

Je n’ai pas l’habitude de dire du mal des gens ni des films mais surtout, n’allez pas voir Joyeux retraite avec Thierry Lhermitte et Michèle Laroque. Comme dirait Louis de Funès dans La grande Vadrouille, "ce n’est pas mauvais, c’est très mauvais".

La Reine des neiges 2

Si vous en avez assez de la chanson Libérée, Délivrée, courez voir La Reine des neiges 2 ! Il y a sept nouvelles chansons toutes aussi prenantes et entêtantes que la première pour vous gâcher vos transports en voiture avec vos enfants.

L’art du mensonge

Le couple Helen Mirren et Ian McKellen est assez amusant. Une comédie qui vire au drame avec des allures de polar. On y suit les malversations de Roy, un escroc professionnel qui tente de voler la fortune d’une honnête veuve. Mais… je n’en dirai pas plus. Le film est intéressant. Il aurait pu être davantage réussi si son réalisateur Bill Condon s’était un peu plus attaché à mixer les genres plutôt qu’à les empiler simplement pour ne pas dire bêtement.

Newsletter Musiq'3

Restez informés chaque lundi des évènements, concours et CD de la semaine.

OK