Chronique cinéma

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Les Intranquilles de Joachim Lafosse, portrait d’une famille face à la maladie

Nicolas Buytaers nous présente les sorties de la semaine avec notamment Les Intranquilles, le nouveau film de Joachim Lafosse qui sera l’invité de Camile De Rijck dans Chambre avec vue ce mercredi 6 octobre à 18h sur Musiq3.

"J’veux m’enfuir, j’veux partir, j’veux d’l’amour, du plaisir, d’la folie, du désir, j’veux pleurer et j’veux rire…" Cette chanson de Bernard Lavilliers accompagné de Nicoletta est juste parfaite. La scène est belle, un couple et leur enfant sont en voiture et chantent à tue-tête ce tube, et ces quelques paroles prennent tout leur sens dans ce film qui l’est tout autant ! Un film qui raconte l’histoire d’amour vécue entre Leïla et Damien. Un amour où l’on pleure et où l’on rit, un amour passionné, un amour à la limite de la folie… une folie comme celle de Damien qui est diagnostiqué bipolaire. Leïla fait tout ce qu’elle peut pour l’aider, le soigner. Encore faut-il qu’il accepte…

Drame psychologique pour les uns, histoire d’amour tendre et prenante pour les autres, "Les intranquilles" c’est un peu tout cela à la fois. C’est une vie de couple, de famille, une fois de plus mise en images par Joachim Lafosse, "le cinéaste (belge) de la famille". Il la scrute, l’ausculte, la décortique pour mieux la comprendre, que ce soit dans "Nue propriété" (ou comment une relation fusionnelle entre deux frères se transforme en guerre psychologique), "À perdre la raison" (ou comment une mère peut arriver à tuer ses propres enfants), "L’économie du couple" (ou comment un couple qui s’est aimé en arrive au divorce) ou "Continuer" (ou comment une mère tente de renouer des liens avec son fils).

Avec Joachim Lafosse, on a l’impression que tout ce qu’il raconte est simple (mais pas simpliste) alors que c’est plus profond. Tout ce qu’il raconte est juste et touchant. Et puis, ses acteurs sont tous si impliqués qu’ils en crèvent l’écran comme ici Damien Bonnard et Leïla Bekhti.

Tralala

"Surtout ne soyez pas vous-même !" C’est le conseil qu’on donne à Tralala. Tralala est chanteur de rue et il va appliquer ce conseil à la lettre. Surtout quand une dame croit reconnaître en lui son fils disparu il y a plus de 20 ans. Tralala va donc devenir un autre. Mais il y a toujours quelqu’un pour vous démasquer quand vous endossez le costume d’un autre…

"Tralala" est une comédie musicale, par conséquent, il faut réellement aimer le genre pour apprécier ce film. Les chansons de cette comédie ont été écrites par Philippe Katerine, Etienne Daho, Jeanne Cherhal et Dominique A. Et surtout, cette comédie musicale a été réalisée par les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu qui ont un univers bien à eux, avec des films tels que "Peindre ou faire l’amour", "Les derniers jours du monde" ou encore "21 jours avec Pattie". Leurs films sont tantôt un brin désuets, tantôt un poil surréalistes, mais toujours fantaisistes et tendres. Arnaud et Jean-Marie arrivent à embarquer d’incroyables acteurs dans leurs délires comme ici Mathieu Amalric, qui incarne Tralala, Josiane Balasko, Maïwenn et Mélanie Thierry.

Chose intéressante, ce film "Tralala" s’inscrit dans une actualité bien d’aujourd’hui car on y porte des masques comme dans notre réalité. C’est le premier film du genre. Des masques qu’on ôte avec bonheur pour mieux chanter et enchanter son quotidien.

Run

Le mois d’octobre est, traditionnellement, le mois des films d’horreur. Et cette semaine, focus sur "Run"

Chloé (la prometteuse Kiera Allen) est malade, gravement malade. Et ce depuis qu’elle est toute petite. Heureusement, sa mère Diane (l’excellente Sarah Paulson de "American Horror Story") est là pour s’occuper d’elle. Enfin, "heureusement", pas vraiment. Quand Chloé découvre ce qu’elle n’aurait jamais dû découvrir, les relations entre elles vont méchamment se détériorer… Entre thriller et drame psychologique, ce film "Run" du réalisateur américano-indien Aneesh Chaganty a beaucoup plu au maître du fantastique et de l’épouvante Stephen King. Il faut dire qu’il y a du huis clos et de la tension, sans oublier un petit côté "Misery" dans ce film. De quoi séduire le King Stephen. Et vous ?

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