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"J'accuse" de Roman Polanski, un point de vue original sur l'Affaire Dreyfus

"J’accuse" de Roman Polanski, un point de vue original sur l’Affaire Dreyfus
"J’accuse" de Roman Polanski, un point de vue original sur l’Affaire Dreyfus - © Tous droits réservés

Dans sa chronique cinéma de cette semaine, Nicolas Buytaers nous parle du nouveau film de Roman Polanski, qui sort sur fond de polémique, après une nouvelle accusation de viol portée envers le réalisateur.

Une chronique cinéma à écouter dans son intégralité ci-dessous.

J’accuse

Le capitaine Alfred Dreyfus vient d’être jugé et condamné pour trahison. Le voilà emmené au bagne de l’île du Diable en Guyane. Au même moment le colonel Picquart est nommé à la tête du contre-espionnage français et il va découvrir de nouvelles preuves dans cette affaire. Des preuves innocentant cette fois-ci le capitaine Dreyfus. Il va donc mener sa propre contre-enquête alors que ses supérieurs et autres ministres d’États le lui interdisent !

Cette contre-enquête propose réellement un point de vue original pour cette affaire Dreyfus qui défraya la chronique à la fin du XIXe siècle et qui passionne encore aujourd’hui. L’affaire Dreyfus - et le célèbre article d’Emile Zola "J’accuse" publié dans le journal L’Aurore le 13 janvier 1898 - avait divisé le pays entre les pros et les anti-Dreyfus. Cette contre-enquête est originale car elle permet de comprendre ce qui s’est passé tout en dénonçant parfaitement la manipulation, le mensonge et l’acharnement anti-juif vécu par Dreyfus. Petit bémol : si l’affaire est bien détaillée, il manque un poil de remise dans son contexte.

En attendant, ce drame historique aux allures de thriller, inspiré du livre du britannique Robert Harris, (auteur de "Fatherland", de "Ghost writer" porté au cinéma par Polanski) est brillamment interprété par Jean Dujardin (Colonel Picquart), Louis Garrel (Dreyfus), Vincent Perez, Melvil Poupaud, Denis Podalydès et d’autres brillants acteurs de la Comédie-Française !

Le Mans 66

Carroll Shelby et Ken Miles sont deux pilotes doublés d’excellents mécanos. Ils sont aussi doués l’un que l’autre sur une piste au volant d’un de leurs bolides qu’en dehors, dans les paddocks, pour régler ces bolides ! Les voilà recrutés par Henry Ford, deuxième du nom, pour construire la plus puissante des voitures, soit une voiture de course qui pourra enfin mettre un terme à l’hégémonie de Ferrari sur circuit.

Ce film "Le Mans 66" de James Mangold ("Copland", "Logan") est inspiré d’une histoire vraie, celle de la guerre des pistes qui opposa Ford et Ferrari. Une histoire vécue et racontée à travers la très belle amitié entre ces deux hommes Shelby et Miles… Shelby, qui n’est autre que l’homme qui a pimpé la Ford Mustang en la transformant en Shelby GT 350 et GT 500, et Miles, incroyable pilote au sale caractère. Avec ce film – un peu long - nous assistons davantage à un drame humain mené certes à plus de 300 à l’heure qu’à une lutte mécanique. La reconstitution est parfaite, le spectateur est littéralement embarqué dans le cockpit avec le pilote. Voilà donc un drame-biopic qui devrait intéresser les amateurs de voitures de course et les autres. Classique et efficace avec cette question : que faisons-nous de nos rêves et ambitions et que faisons-nous pour les réaliser ?

Nuestras madres

"Nuestras madres" du réalisateur belgo-guatémaltèque César Diaz. Nous sommes donc au Guatemala en 2018. Le héros de cette histoire se nomme Ernesto. Il est anthropologue à la Fondation médico-légale et travaille à l’identification des disparus de la guerre civile. Une guerre qui préoccupe encore tout le pays car c’est bel et bien tout le pays qui vit au rythme du procès des militaires à l’origine de cette guerre civile. Alors que les témoignages des victimes s’enchaînent, Ernesto croit reconnaître son père dans les descriptions faites par une vieille dame… Le jeune homme va s’accrocher à cette piste pour retrouver la trace de son père, guérillero disparu pendant la guerre. Cette recherche de la vérité, elle a un prix… Qu’importe, Ernesto est prêt à aller jusqu’au bout !

Petite et grande histoire se mélangent dans ce film, entre enquête et quête de vérité, entre intimité et souffrance… Un drame qui a été récompensé par la Caméra d’Or au dernier Festival de Cannes (soit le prix du Meilleur premier film) et qui représentera la Belgique à la course aux Oscars dans la catégorie du Meilleur film en langue étrangère !

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