Chronique cinéma

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"Filles de joie", un mélange subtil entre drame, comédie et thriller

"Filles de joie", un mélange subtil entre drame, comédie et thriller
"Filles de joie", un mélange subtil entre drame, comédie et thriller - © KMBO

Dans sa chronique cinéma de cette semaine, Nicolas Buytaers nous parle du dernier film du belge Frédéric Fonteyn et Anne Paulicevich, Filles de Joie

Une chronique cinéma à écouter dans son intégralité ci-dessous.

Filles de joie

Un soir d'orage, 3 femmes enterrent un corps. Qui sont ces 3 femmes et qui est ce cadavre ? Ces 3 femmes se prénomment Axelle, Dominique et Conso. Parce que les fins de mois sont difficiles, elles mènent une double vie. Elles se retrouvent tous les matins sur le parking de leur cité pour aller travailler de l'autre côté de la frontière. Là, elles se transforment en Athéna, Circé et Héra. Ce sont les filles de joie d'une maison close. Parfois elles se disputent mais ensemble, elles rient, elles partagent beaucoup, et elles se soutiennent, surtout. Et quand on fait du mal à l'une, ce sont les deux autres qui attaquent !

Filles de joie est un drame co-réalisé par Frédéric Fonteyne (La femme de Gilles, Liaison pornographique) et Anne Paulicevich (Tango libre) ! C'est Anne qui a eu l'idée du film. Elle voulait raconter le destin de femmes fortes malmenées par la vie. Et c'est ce qu'on voit avec un énorme intérêt dans ce film qui parle de la prostitution sans jamais juger. C'est l'une des intelligences de ce film.

Un film balancé entre le drame, la comédie et le thriller. C'est aussi une comédie et un thriller... C'est l'une des forces du cinéma de Frédéric Fonteyne soit le mélange subtil des genres, ni trop ni trop peu. Donc pas de jugement, juste des faits, des situations, cette débrouillardise terriblement actuelle. Voilà des scènes à jouer pour trois belles actrices dans ce film : Sara Forestier (qui décidément ne quitte plus Roubaix après son film avec Desplechin), Annabelle Lengronne (vue surtout en télévision) et Noémie Lvovski (actrice et réalisatrice, Camille redouble). Une punchline d'une des héroïnes à propos de ses enfants, très forte et difficile :

Je ne sais pas qui vous êtes mais ça ne m'empêche pas de vous aimer !

Le Cas Richard Jewell

Richard Jewell est un agent de la sécurité, assez à cheval sur le règlement et hyper procédurier. Il ne faut pas la lui faire à l'envers. Nous sommes en 1996 et le voilà affecté à la sécurité du parc attenant au stade olympique d'Atlanta. Un soir, alors que les Jeux Olympiques continuent et qu'un concert est donné dans ce parc, Richard repère un sac à dos abandonné. Celui-ci contient une bombe. Il faut vite faire évacuer la place. Malgré les efforts de Richard et des forces de l'ordre, la bombe explose quand même, faisant 1 mort et 111 blessés. Pour les médias présents sur place, Richard est le héros de l'attentat du Parc du Centenaire, mais pour le FBI, Jewell est surtout son principal suspect.

Comment le héros de toute une nation est devenu l'ennemi public numéro un ? Voilà ce que nous raconte Le cas Richard Jewell, le nouveau drame de Clint Eastwood. L'acteur qu'on ne présente plus a toujours aimé filmer et questionner l'individu cherchant sa place au sein de notre société. Souvenez-vous de Invictus " (l'Apartheid, Blancs vs Blacks), Gran Torino (l'intégration des communautés), La Mule (que faire de nos vieux ?).

Clint Eastwood tourne un film par an, à l'heure et à l'âge (90 ans le 31 mai prochain) où d'autres profiteraient pleinement de leur retraite. C'est réalisé proprement sans effet de style. Eastwood s'est toujours concentré sur ses personnages, sur ses histoires plutôt que sur la forme toujours très classique. Avec bonheur ici, tellement c'est réussi. Cette histoire vraie est terriblement prenante. Nous, spectateurs, l’on sait que Jewell est innocent mais comme lui, auprès de lui - on ne le quitte pas une semelle tout au long du film -, on est emporté dans cette manipulation de la presse et du FBI. On se laisse aller et on ne peut rien faire, comme Richard, ce qui multiplie à l'infini le sentiment d'injustice vécu par notre héros et par sa mère qui voit sa vie bouleversée du jour au lendemain. Balançant entre des scènes assez drôles (la scène des Tupperware) et touchantes (son message à la télévision nationale). Une mère idéalement interprétée par Kathy Bates. Sans oublier le Jewell de cette histoire, Paul Walter Hauser, surtout habitué aux seconds rôles !

La fille au bracelet

Lise a 16 ans quand elle est arrêtée pour le meurtre de sa meilleure amie. Accusée mais pas encore inculpée, elle vit en résidence surveillée avec un bracelet électronique à la cheville. Aujourd'hui, Lise a 18 ans et son procès commence. Nous allons suivre ce procès à travers ce film. Nous allons tenter de comprendre ce qui s'est passé cette nuit-là, la nuit du meurtre de son amie. Nous allons surtout tenter de comprendre pourquoi Alice n'a jamais montré la moindre émotion quand elle évoque ce drame.

La fille au bracelet  de Stéphane Demoustier  est un pur film de procès, un film de prétoire que les fans du genre vont adorer. Un film qui ne fait pas le procès de l'adolescence mais qui pose d'excellentes questions sur nos ados dont la plus importante : Est-ce que nous les connaissons réellement ? Est-ce que nous devons absolument les connaitre ou leur laisser une part de mystère ?

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