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Covid-éo-Club : si ce n’est toi, c’est donc ton frère… au cinéma

Comme tous les mercredis, Musiq3 vous ouvre les portes de son COVID-éo-CLUB. Son principe est désormais connu, vous choisissez un thème et, de mon côté, je retrouve pour vous un maximum de films qui lui sont liés. Cette semaine, place à la Fratrie devant et derrière la caméra. Au passage, remercions notre fidèle auditeur Bernard Mazet pour ce choix judicieux car cinéma et fratrie vont de pair. Extrapolant Jean de La Fontaine dans la fable du loup et de l’agneau, " si ce n’est toi, c’est donc ton frère… " au Cinéma ! ?

Souvenez-vous… enfin non car vous n’étiez pas nés, même les plus anciens d’entre vous… mais bon, souvenez-vous quand même… Depuis l’invention du kinétographe, la première caméra de l’Histoire, en 1891, le Cinéma a toujours, du moins souvent, été une histoire de frères. Et je ne pouvais ouvrir ce COVID-éo-CLUB consacré à la fratrie qu’avec Auguste Marie Louis Nicolas Lumière et son frère cadet Louis Jean Lumière, aka Les Frères Lumière, sans qui le Cinéma ne tournerait pas aussi bien aujourd’hui. Le 19 mars 1895, Louis réalisait son premier film La sortie de l’usine Lumière à Lyon et un siècle plus tard, d’autres frères ont pris la relève.

Des frères mais aussi des sœurs

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Allez, juste comme ça en vrac et dans le désordre chronologique, il y a, cocorico en Belgique… Jean-Pierre et Luc Dardenne aka Les Frères Dardenne, quasi une marque déposée en guise de qualité pour le Cinéma belge francophone, deux Palmes d’Or, une chacun pour Rosetta en 1999 et L’enfant en 2005.

Aux Etats-Unis, vous avez Joel et Ethan Coen, Les Frères Coen (Barton Fink, Fargo, The Big Lebowski) mais aussi Peter et Bobby Farrelly, les brothers de la comédie potache Dumb&Dumber et Mary à tout prix. Vous avez encore les frères jumeaux Albert et Allen Hughes (Menace II Society, From Hell). Sans oublier Anthony et Joe Russo. Sans être de réelles stars, les Russo Brothers trustent les sommets du Box-Office avec 4 films seulement, enfin peut-on parler de film car pour Martin Scorsese il ne s’agit pas de 7e Art ! On leur doit en effet Captain America : Le Soldat de l’hiver (2014), Captain America : Civil War (2016), Avengers : Infinity War (2018) et Avengers : Endgame (2019) pour Marvel et Disney.

Mais de l’autre côté de l’Atlantique, la famille de cinéma la plus intéressante et atypique reste Laurence et Andrew Wachowski. Les deux frères ont quand même réalisé Bound, Speed Racer, les deux saisons de l’excellente série télé Sense8 et surtout la trilogie Matrix avec Keanu Reeves, avant de changer de sexe et de devenir les Soeurs Wachowski, Lana et Lilly. Notez encore que seule Lana Wachowski réalisera Matrix 4 dont la sortie est normalement prévue en 2021.

En Italie, vous avez Paolo et Vittorio Taviani dont le film Padre padrone a reçu la Palme d’Or à Cannes en 1977 et César doit Mourir, primé par l’Ours d’Or à Berlin en 2012. Les Fratelli Taviani qui se définissaient encore comme " le café au lait soit impossible de dire où finit le café et où commence le lait ! "

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Les sœurs Wachowski © Tous droits réservés

En France, pour finir notre tour d’horizon, vous avez les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu (Peindre ou faire l’amour, 21 nuits avec Pattie) mais aussi les sœurs Delphine et Muriel Coulin (Dix-sept filles) !

Rocco, ses frères et tous les autres aussi

Depuis la nuit des temps… enfin depuis Caen et Abel, c’est dire si ça date, la fratrie et les drames qui en découlent et qu’elle engendre ont toujours inspiré scénaristes et réalisateurs du grand écran. Là aussi, en vrac, je peux vous citer Le fils préféré de Nicole Garcia, avec le trio des plus touchants et sensibles Gérard Lanvin, Bernard Giraudeau et Jean-Marc Barr, Les frères Pétard… Momo et Manu, encore avec Gérard Lanvin mais accompagné cette fois-ci de Jacques Villeret, Il faut sauver le soldat Ryan avec Tom Hanks parti à la rescousse du quatrième et dernier frère Ryan alors que les trois premiers sont morts au front en pleine Seconde guerre mondiale.

Je m’en voudrais de ne pas citer encore Jumeaux avec Arnold Schwarzenegger et Dany Devito en frères jumeaux et leurs 41 cm qui les séparent. Mais si j’évoque Jumeaux c’est pour mieux vous parler du film Le jumeau d’Yves Robert sorti en 1984 avec le géantissime Pierre Richard qui incarne dans cette comédie Matthias Duval. Ce dernier tombe amoureux de Liz qui lui présente sa sœur jumelle et sans expliquer pourquoi, un coup de folie, un peu de frime aussi peut-être, sûrement même, Matthias s’invente un frère… jumeau, Mathieu. Entre mensonges et quiproquos, le double jeu de Pierre Richard est à mourir de rire !

Autre fratrie… et non des moindres celle de Rocco et ses frères de Luchino Visconti (1960) avec Alain Delon et Roger Hanin. Classique parmi les classiques, ce drame raconte comment 2 des 4 frères Parondi, Rocco et Simone, vont se déchirer pour l’amour de la troublante Nadia, interprétée par Annie Girardot. Pour la famille mafieuse, je demande les Corleone vus dans la trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola (dès 1972) avec en tête Sonny (James Caan) et Michael (Al Pacino) dignes héritiers de Don Vito Corleone (Marlon Brando).

Dans une autre famille mafieuse, la mafia russe, celle de Chicago, j’invoque les Joshua et Reuben Shapira, les frangins en tête du polar Little Odessa de James Gray. Gray qui a d’ailleurs pas mal filmé la famille/la fratrie avec notamment l’excellent La nuit nous appartient (emmené par Joaquin Phoenix et Mark Wahlberg). Dans la famille rock’n’roll, je ne peux que faire appel aux Blues Brothers (de John Landis, 1980), Jake et Elwood, soit John Belushi et Dan Aykroyd qui avaient créé ces deux personnages pour l’émission télé et comique Saturday Night Live. Le film se regarde avec bonheur et s’écoute avec plaisir surtout le tube Everybody needs somebody to love… Allez tous en chœur ! Autre famille qu’on ne peut qu’aimer, celle des frères Babbitt, Charlie et Raymond (Tom Cruise et Dustin Hoffman). Rain Man de Barry Levinson sorti en 1988, vous ne pouvez pas l’avoir oublié ! ? " Oh oh… qui joue en première base ? "

Pour la famille la plus dérangeante (voire glauque), vous pouvez compter sur les Mantle… Beverly et Elliot… incarnés par Jeremy Iron dans Faux-Semblants de David Cronenberg… la preuve qu’ils sont bel et bien dérangeants. Beverly et Elliot sont de vrais jumeaux. Gynécologues de formation, ils partagent tout dans la vie… même leur fiancée. Mêlant épouvante et horreur, ne faites plus semblant, vous devez voir ce film !

Pour finir, je terminerais avec ma famille… ma fratrie préférée, les Wosniak. Au départ, il n’y a que David Wosniak, un éternel adolescent de 42 ans. Un jour il apprend qu’il est le géniteur de 533 enfants et que la plupart d’entre eux désirent le connaître ! En effet, plus jeune, pour se faire un peu d’argent de poche, David avait donné de sa personne et réalisé des dons de semence à une banque du sperme contre quelques dollars. Voilà le début de cette aventure canadienne intitulée Starbuck, un excellent film balancé entre le drame (mais sans pathos exagéré) et la comédie. C’est à la fois drôle, bienveillant, touchant et sérieux, tout en proposant de belles réflexions sur la famille, sur le rôle parental, sur l’éducation de nos enfants. Pour la petite histoire encore, Starbuck a deux frères… enfin deux adaptations, une Américaine intitulée Delivery Man, produite par Steven Spielberg avec Vince Vaughn et une Française titrée Fonzy, avec José Garcia !

Et pour vous, quels sont les meilleurs films qui évoquent la fratrie ?

Bon film, bon confinement !