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Covid-éo-Club : le monde entier est un cactus

En ces temps de confinement, Musiq3 a décidé de vous ouvrir son COVID-éo-Club ! Son principe est simple. Vous choisissez un thème – enfin c’est surtout Adèle de la Matinale qui décide - et Nicolas Buytaers vous propose les meilleurs films qui lui sont liés. Vous le savez, avec Musiq3, non seulement vous changez d’airs mais aussi et surtout de programmation DVD/VOD. Le thème du jour : le cactus !

"Le monde entier est un cactus. Il est impossible de s’asseoir…" J’en suis certain, rien qu’à l’évocation du mot cactus, je vous vois… Je vous imagine en train de chanter à tue-tête ce classique de Jacques Dutronc (1966). Oui mais voilà, le COVID-éo CLUB de Musiq3 concerne uniquement ces chefs-d’œuvre oubliés (ou pas) du Cinéma. Donc, juste vraiment pour se faire plaisir, allez… tous en chœur… " Dans la vie, il y a qu’des cactus… Moi, je me pique de le savoir… Aïe aïe aïe ! Ouille ! Aïe aïe aïe ! "

Des comédies piquantes surtout

Quand on me dit " Cactus et Cinéma ", il y a d’abord un film… ou plutôt une affiche qui me vient en tête, celle du film Morceaux choisis, une comédie du réalisateur mexicain Alfonso Arau sortie en 2000. Sur ce poster, on voit un cactus qui nous fait… un doigt d’honneur ("flipping the bird" en anglais pour "l’oiseau renversé" en français). Devant ce cactus mal élevé, on retrouve entre autres Woody Allen, le héros de cette histoire des plus rocambolesques, celle d’un boucher (Woody donc) qui, lassé par les aventures extraconjugales de sa femme, interprétée par Sharon Stone, décide de la couper en morceaux et d’abandonner lesdits morceaux dans le désert. Oui mais voilà, Tex égare… une main. Cette main est retrouvée et assimilée à la Main de la Vierge Marie car elle serait à l’origine de nombreux miracles. Je vous laisse deviner la suite et les retournements de situations qui se comptent eux aussi sur les doigts de cette… main.

L’autre film que m’évoque notre thématique du jour s’intitule Cactus Jack (ou The Villain en VO dans le titre, sorti en 1979). Je vais être honnête avec vous, ce n’est pas un grand film. Les critiques de l’époque l’avaient même plutôt démoli… sauf ses cascades. Il faut dire que ce western, inspiré par les folles courses-poursuites de Bip-Bip et Coyotte (les Looney Tunes de la Warner), a été réalisé par un ex-cascadeur, Hal Needham (vu dans quasi tous les films de Burt Reynolds… avec des voitures). Jugé trop clownesque, sorte de sous-production à la Mel Brooks, ce Cactus Jack n’a finalement qu’un intérêt : son casting, emmené par Kirk Douglas en vieux cowboy renégat déglingo (Cactus Jack c’est lui), la délicieuse Ann-Margret (d’ailleurs son personnage se nomme Charming Jones) et un petit nouveau à Hollywood… Enfin, petit, pas vraiment… Arnold Schwarzenegger, soit 1m88, 105 kilos, 72 cm de tour de cuisses, 144 cm du côté de la poitrine et des biceps de 56 cm. Schwarzy y interprète The Handsome Stranger, le Bel Inconnu en français dans le texte. Certes ce n’était pas un grand rôle – il s’agissait de son troisième film - mais ce casting de star lui a surtout permis d’ouvrir les portes d’autres productions à succès comme Conan le barbare en 1982 et Terminator en 1984. La suite de la carrière de M. Univers, vous la connaissez je crois ! ?

Quitte à évoquer le cactus au Cinéma, autant parler Western maintenant – Adèle en raffole, d’où le choix de ce thème certainement. Il n’y a pas de bons – ni de mauvais - westerns sans cactus. Ses plantes grasses, dont le suc, stocké en masse, permet de tenir pendant les longues sécheresses, font littéralement partie du paysage. Vous les visualisez ces duels dans ces plaines arides où seuls les cactus stoppent la course d’une de ces tumbleweeds typiques – mais oui, ce sont ces boules d’herbes séchées qui volent au vent ! ? Sinon, s’il ne fallait retenir que quelques titres de ces westerns, il y a Curtain Call at Cactus Creek (sorti en 1950, avec Vincent Price). Ce western comique nous raconte l’histoire d’un chanteur itinérant qui se mêle à une bande de braqueurs de banque.

Autres westerns, autres titres… avec en vrac et dans le désordre, On m’appelle Malabar, un western spaghetti rigolo avec en tête d’affiche le grand – au propre comme au figuré… 1m90 - Bud Spencer. Cette comédie potache n’est qu’un prétexte à la distribution de bonnes grosses baffes qui font marrer les petits – et les grands aussi d’ailleurs. Vous vous en souvenez de ces claques resynchronisées par la suite en studio au bruit si particulier ! ?

Il y a aussi Riders of the Cactus (1931) et Cactus Kid (1934), deux films emportés par Wally Wales, l’une des rares stars du Western à avoir réussi le passage du muet aux films parlés. Notez que cette version de Cactus Kid n’a rien à voir avec celle de Cactus Kid réalisée par Walt Disney en 1930 avec au générique Mickey et Minnie ! Une version qui, là non plus, n’a rien à voir avec Cactus Kid… le film sorti en 2000 dans la plus stricte indifférence chez nous – c’est l’histoire d’un gamin braqueur de banque… et qui n’a rien à voir avec le court-métrage muet Cactus Kid sorti aux USA le 26 mars 1921 avec dans le rôle principal Hoot Gibson – l’une des stars préférées des enfants à l’époque. Un court-métrage qu’il ne faut pas confondre – promis après je m’arrête là - avec l’épisode de la série animée El Tigre, les aventures de Manny Rivera (2007) intitulé, je vous le donne en mille… Cactus Kid… Original non ! ?

Comme je vous parlais d’affiches de film plus haut, comment ne pas évoquer celle de Sur la route de Walter Salles (2012), film inspiré du roman éponyme de Jack Kerouac, un livre dense pour un road movie réellement intéressant sur les errances, sur la liberté, sur les choix de vie, ou celle du long-métrage Arizona Dream d’Emir Kusturica (1993), un merveilleux conte dans lequel Johnny Depp rêve de poissons volants (époque bénie où Johnny ne parodiait pas encore les affreuses mimiques de Depp, époque où il était encore un acteur respectable). Ou bien encore l’affiche de Rango (encore avec Johnny Depp, toujours lui), ce dessin animé (plutôt pour les grands à partir de 12 ans) qui raconte les mésaventures d’un caméléon mal dans… sa peau !

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© Tous droits réservés
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Sinon, du côté du Cinéma français, faut-il réellement évoquer le film Poussez pas grand-père dans les cactus de Jean-Claude Dague – il a quand même terminé sa carrière de réalisateur comme braqueur de banque ; il voulait en effet par ce hold-up sauver sa société de production. On retrouve dans ce film sorti en 1969 Francis Blanche, dont le personnage, confondu avec un gangster dur à cuire, est poursuivi pendant 90 minutes par la police et un tueur à gages, Darry Cowl et Jean Carmet. Ce film fait partie de toute cette page méconnue de l’Histoire du Septième Art franchouillard aux titres improbables dont le chef de file se nommait Max Pécas à qui l’on doit On se calme et on boit frais à Saint-Tropez ou bien encore Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu. Tout est dit !

Petit aparté, la même année, en 1969 donc, les Américains, eux, nous proposaient Fleur de Cactus avec Walter Matthau, Ingrid Bergman et Goldie Hawn. Dans cette comédie romantique, il est question d’un faux mariage inventé pour mettre un terme à une relation agaçante, d’un dentiste menteur - comme un arracheur de dents – et d’une assistante prise à son propre jeu, celui de l’amour… Bref, cette fleur de cactus reste davantage sucrée que piquante !

Sinon, toujours du côté du Cinéma français, il y a encore Le Cactus (2005) co-réalisé par Gérard Bitton et Michel Munz avec Clovis Cornillac et Pascal Elbé. Sami est hypocondriaque et se croit atteint d’une maladie rare qu’il fait soigner en Inde. Patrick, son meilleur ami, l’accompagne dans cette épreuve où les rôles vont, petit à petit, s’inverser. Cette comédie qui aurait pu s’intituler Le Boulet (titre déjà emprunté en 2002 par la paire Lanvin-Poelvoorde) a tout ce qu’il faut pour vous en rappeler une autre… La Chèvre (1981) avec le génialissime duo Pierre Richard-Gérard Depardieu. Ne cherchez pas/plus, la voilà LA comédie la plus drôle du Cinéma français. On y croise le destin de François Perrin – un cousin de François Pignon certainement – parti enquêter sur la disparition au Mexique de la fille de son employeur. Pour l’aider dans sa tâche, Perrin est épaulé par Campana, un détective privé de taille et de poids. Au départ, Perrin est maladroit et empoté… Mais plus l’enquête avance et plus c’est Campana qui fait preuve de… Pas de bol ! Alors que les gags (l’humour visuel) sont excellents, les punchlines, écrites par Francis Véber (également réalisateur), sont devenus cultes avec les années. Quant au titre à lire sur l’affiche du film, il est écrit en… Cactus. CQFD !

Et sinon, de votre côté, vous aviez pensé à quel film, quel cactus star ?

Bon film, bon confinement…

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