Chronique cinéma

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"Benedetta" de Paul Verhoeven, entre « Le nom de la rose » et « La dernière tentation du Christ »

Nicolas Buytaers nous présente les sorties de la semaine avec, notamment le dernier film de Paul Verhoeven qui était l’un des films les plus attendus du Festival de Cannes 2021, Benedetta.

Benedetta

Des religieuses, un péché de chair, les flammes d’un bûcher pour ne pas dire de l’enfer, voilà comment nous pourrions résumer La Trinité de ce drame historique. Nous sommes dans les années 1620. Benedetta n’est qu’une enfant quand elle rejoint le couvent de Pescia en Toscane. Une enfant élevée dans l’amour du Christ et dont les connexions avec l’au-delà peuvent être synonymes de miracles. D’ailleurs, elle en réalise quelques-uns de miracles. Elle voit Jésus, elle lui parle et toutes ses prières adressées à la Sainte-Vierge sont exaucées. Ce qui agace certaines personnes. Un jour, arrive au couvent l’envoûtante Bartolomea. Les deux femmes vont se lier d’amitié et plus encore. Cet amour caché va être dénoncé et pour Soeur Benedetta, c’est quasi le jugement dernier !

Inspiré d’une histoire vraie, celle de Benedetta Carlini, cette nonne italienne mystique arrêtée et jugée pour homosexualité féminine au XVIIe, le nouveau film de Paul Verhoeven (à qui l’on doit "Robocop", "Total Recall" ou plus récemment "Elle") n’est pas aussi sulfureux que la bande-annonce nous l’avait fait penser à sa sortie. Non, il est mieux que ça, plus dense, plus intense. Oui, on parle de sexe et d’amour entre deux religieuses ; oui, il y a des scènes de masturbation avec une Vierge Marie… Mais "Benedetta" nous parle avant tout d’amour. L’amour de Jésus, l’amour de son prochain, l’amour entre deux personnes. Ce film évoque aussi et surtout la passion, que ce soit pour une croyance, pour un être aimé. "Benedetta" interroge encore nos croyances et leurs origines, les libertés féminines, les tabous dans l’Eglise et ailleurs.

Véritable abbesse touchée par la grâce de Dieu ou nonne fumiste idolâtrée à tort, cette Benedetta jouée par Virginie Efira se situe à mi-chemin entre "Le nom de la rose" et "La dernière tentation du Christ". Paul Verhoeven réussit là un film visuellement marquant !

La Boîte noire

Tout commence par un accident d’avion dans les Alpes. Le bilan est très lourd, les 300 passagers de l’appareil sont décédés. Que s’est-il passé à bord de ce vol Dubaï-Paris avant ce crash, c’est à cette question que Mathieu Vasseur doit répondre. Mathieu est technicien au BEA, le bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile. Plus son enquête avance, plus il découvre ce que personne n’aurait dû savoir…

Habillement balancé entre le drame et le thriller, ce film "Boîte noire" est réalisé par Yann Gozlan ("Burn out", "La mécanique du cœur"). Un réalisateur efficace avec un sens de l’histoire et de la tension. On retrouve tout cela dans son dernier film. Gozlan qui retrouve aussi Pierre Niney (vu dans son excellent drame "Un homme idéal")

Et à deux ils vont titiller nos sens. Cette "Boîte noire" est un film sensoriel où le travail du son est tout aussi important que celui de l’image. Il s’inscrit dans la même veine que "Le chant du loup" (avec François Civil).

Un film de genre osé et solide !

Un singe en hiver avec Jean-Paul Belmondo

Ce lundi, nous avons appris la disparition de Jean-Paul Belmondo. En 60 ans de carrière avec plus de 80 films, des films d’auteur pour la Nouvelle Vague, des comédies d’action, des polars et des drames, Jean-Paul Belmondo incarnait le Cinéma français. Ce mercredi soir en télé La Trois lui rend un ultime hommage en rediffusant "Un singe en hiver".

En 1962, Henri Verneuil réalisait ce "Singe en hiver" avec Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo, deux générations d’acteurs, deux légendes, l’une déjà installée et l’autre en devenir. Un passage de témoins réussi vu que Gabin et Bébel ne se croiseront que dans ce film. Le tout avec des dialogues de Michel Audiard d’après un livre d’Antoine Blondin.

Un générique élégant et un casting parfait pour une histoire sur l’alcoolisme certes mais pas que… Il évoque aussi le voyage, la peur de l’étranger, le couple, la vieillesse.

Un classique à revoir sans modération !

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