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"Adoration" de Fabrice du Welz, un conte belge sur la folie et l'amour

"Adoration" de Fabrice du Welz, un conte sur la folie et l'amour
"Adoration" de Fabrice du Welz, un conte sur la folie et l'amour - © Bookmarkers

Dans sa chronique cinéma de cette semaine, Nicolas Buytaers nous parle d'Adoration du réalisateur belge Fabrice du Welz, un conte impressionniste.

Une chronique cinéma à écouter dans son intégralité ci-dessous.

Adoration

Paul est un ado réservé, timide et un peu renfermé. Paul est fils unique. Il vit avec sa mère qui travaille dans un hôpital psychiatrique privé. Il n'a pas d'amis, il parle aux animaux et il les fait parler à sa manière. Un jour, il rencontre Gloria. Elle a le même âge que lui. Et cette rencontre est un choc pour Paul, au propre comme au figuré. Il en tombe amoureux. C'est la première fois pour lui. Il est fou d'amour. Ensemble, ils décident de partir. Enfin, c'est surtout Gloria qui s'échappe de cet asile et qui entraîne Paul dans sa fuite. Mais Paul accepte : il ferait tout pour elle. Tout ou presque... Gloria lui demande à présent de tuer quelqu'un !

Adoration est le titre du nouveau film de Fabrice du Welz. Il avait réalisé Calvaire ou Alléluia. Ici il reprend les thèmes de ces deux films-là : la folie et l'amour. Une folie et un amour, avec cette question : est-ce la même chose, est-ce (in)compatible, l'un va-t-il sans l'autre ? Une folie et un amour vécus à hauteur d'ado. Fabrice du Welz nous raconte ce conte amoureux adolescent avec un talent fou. Et comme dans tous les contes, il y a un ogre. Si cet ogre c'était aussi Gloria, la princesse de ce conte, qui entraine Paul le candide, le naïf, le gentil, le doux ? Ce film est beau à voir. Les images sont belles. Les décors sont beaux : ce film a été tourné dans les Fagnes, un peu partout en Wallonie. Qu'elle est belle notre campagne ! La lumière est belle. Ce film est éclatant. C'est d'ailleurs le plus lumineux des trois. Calvaire était noir comme la peur, Alléluia rouge comme le sang.

Fabrice du Welz le dit aussi, ce n'est pas un réalisateur réaliste. Il serait plutôt impressionniste. Il filme les émotions, les sentiments, les impressions. Et tout cela déborde dans cet(te) Adoration ! En plus, ce conte est emmené par deux gamins hallucinants : Thomas Gioria et Fantine Harduin. Avec une mention à Benoît Poelvoorde, présent quelques minutes et juste parfait !

Judy

"Over the Rainbow" est le tube du film Le magicien d'Oz interprété par Judy Garland. Le film Judy est donc le biopic racontant la vie de l'actrice et chanteuse. Ce film s'attarde surtout sur la dernière année de sa vie. Nous sommes en 1968. Le magicien d'Oz est sorti il y a déjà 30 ans. Judy Garland n'a plus réellement la cote. Complètement has been, elle tente de refaire surface en Angleterre avec un nouveau spectacle. Épuisée, elle tente surtout d'oublier plus que jamais ses amours ratés, son enfance volée, sa starification, sa vie sacrifiée à Hollywood et ses addictions à l'alcool et aux médicaments...

Cette vie nous est racontée par Ruppert Goold qui nous avait déjà racontée une histoire vrai intitulée True story. Le biopic Judy est assez classique avec ses flashback et son interprétation principale saluée par la presse internationale. En effet, c'est Renée Zelleweger qui joue Judy Garland. Elle a bien changé Bridget Jones. Ce rôle lui a déjà valu le Golden Globe de la meilleure actrice et pourrait lui permettre de décrocher l'Oscar de la même catégorie. Renée a déjà reçu un Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle en 2003 pour Old Mountain d’Anthony Minghella. Chose amusante, ces dernières années, biopic et Oscar ont toujours fait bon ménage. Encore plus chez les hommes que chez les femmes. Ces 10 dernières années, 8 hommes ont reçu l'Oscar du meilleur acteur pour un biopic contre 2 femmes seulement dans l'autre catégorie !

Les Siffleurs

Une comédie noire déjantée roumaine : Les siffleurs de Corneliu Porumboiu. Ce film nous emmène des bas-fonds corrompus de Bucarest à l'île de la Gomera, où un inspecteur est obligé d'apprendre un langage ancestral, un langage sifflé. Tout cela doit lui permettre de libérer un mafieux. C'est fou, c'est référencé. Les films noirs, les Hitchcock, en prennent pour leur grade. C'est délirant, et aussi un poil décousu. Bref c'est différent et c’est donc à voir pour se faire une idée !

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