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"À couteaux tirés", une véritable comédie policière à l'ancienne

"Les Misérables" de Ladj Ly, un cri d'alarme récompensé à Cannes en 2019
"Les Misérables" de Ladj Ly, un cri d'alarme récompensé à Cannes en 2019 - © Tous droits réservés

Dans sa chronique cinéma de cette semaine, Nicolas Buytaers nous parle du thriller "À couteaux tirés" de Rian Johnson.

Une chronique cinéma à écouter dans son intégralité ci-dessous.

À couteaux tirés

Harlan Thrombey est retrouvé mort chez lui le soir de son 85e anniversaire. Il a été assassiné. Un comble pour ce célèbre auteur de roman policier. Dépêché sur place, le détective Benoît Blanc tente d'élucider l'affaire. Mais entre la famille d'Harlan où tout le monde se déteste et le personnel de l'écrivain, ce ne sont pas les présumés coupables qui manquent...

Enquête mouvementée, mensonges, fausses pistes, vérités blessantes - mortelles même –, rebondissements… Ce film, véritable comédie policière à l'ancienne, " à couteaux tirés ", est terriblement ludique. Il y a du Cluedo (le Colonel Moutarde dans la bibliothèque avec le chandelier) dans ce film et beaucoup d'influences et références à l'univers d'Agatha Christie et à son célèbre Hercule Poirot. Il y a aussi du Columbo dans la manière débonnaire mais efficace de Benoit Blanc à résoudre un crime. Un beau Benoît Blanc interprété par Daniel Craig qui s'est offert cette friandise avant d'entamer son dernier James Bond. Il y a pris du plaisir et nous en prenons aussi. Sans oublier le reste du casting de ce film rythmé et efficace réalisé par Rian Johnson (Looper, Star Wars 8), comme Jamie Lee Curtis, Toni Colette, Chris Evans, Don Johnson, Franck Oz et Christopher Plummer !

Proxima

Sarah Loreau va bientôt réaliser son rêve après des mois et des années d'entrainement. Astronaute, elle va bientôt décoller pour un voyage dans l'espace. Mais Sarah est aussi la maman de Stella, une petite fille de 8 ans. Une gamine qu'elle va devoir, non pas abandonner, mais laisser loin derrière elle sur Terre !

Le film Proxima de la réalisatrice Alice Winocour (elle avait aussi réalisé le très fort et stylisé Maryland avec Matthias Schoenaerts) n'est pas un film de science-fiction même si on y parle d'espace et de voyage vers Mars ! Ce film est criant de réalisme. Tout d’abord, il a été tourné là où les astronautes de l'Agence spatiale européenne s'entrainent réellement et au cosmodrome de Baïkonour.  Ce film est réaliste car il propose également un très beau portrait de femme(s), au pluriel car les relations mère-fille sont justes, et au singulier avec ce personnage de Sarah qui doit se battre professionnellement parlant dans ce monde d'hommes et qui doit encore plus se prouver à elle-même, et à sa fille, qu'elle est une bonne mère. Et ce couple mère-fille est joué par Eva Green et Zélie Boulant.

Bref, dans un univers, la conquête spatiale, où tout doit être parfait, ce drame démontre que nos imperfections font de nous des êtres à part !

Sympathie pour le diable

Paul Marchand est journaliste. Au volant de sa Ford Sierra, une voiture sur laquelle il est écrit " Ne gaspillez pas vos balles, je suis immortel ", il fonce tout droit sur ce boulevard rebaptisé l'Allée des snipers. Nous sommes en 1992 à Sarajevo, et la ville est assiégée. Paul couvre la guerre civile de Bosnie-Herzégovine pour plusieurs médias dont la RTBF. Le film Sympathie pour le diable nous raconte son histoire, son quotidien entre le massacre de civils, le blocus, ses trafics avec les rebelles et ses désillusions par rapport à son métier de reporter de guerre.

Ce film de Guillaume de Fontenay est nerveux, prenant, important, dur aussi parfois. Il évoque, entre autres, l'absurdité de cette guerre, les dangers du journalisme de terrain, le marché noir, la jeunesse de Sarajevo, les atrocités, les blessés, les morts. Les scènes de guérilla urbaines sont hallucinantes de réalisme et choquantes. L’on n'avait plus aussi bien filmé cela depuis Full Metal Jacket. En effet, Paul Marchand était une grande gueule, une tête brûlée cynique. Il aimait jouer avec la mort qu'il côtoyait d'un peu trop près. Mais il était aussi et surtout pétri d'une profonde humanité. Son humanisme, et sa colère envers l'inaction de la communauté internationale durant ce conflit, transparaissait dans ses reportages. Ce discours est au passé car il s'est suicidé en 2009. Ce film lui rend hommage encore plus que l'excellente prestation de Niels Schneider.

Inspiré par la chanson des Rolling Stones qu'il adorait, Sympathie pour le diable est le titre du premier roman biographique de Paul Marchand retraçant cette/sa guerre en Bosnie.

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