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Sarah Defrise et Stephane Ginsburgh, dérision et folie réjouissante dans "Coding Zero" de Ligeti

La soprano Sarah Defrise et le pianiste Stephane Ginsburgh se sont rencontrés autour de l’air "Coding Zero" extrait de l’opéra Le Grand Macabre de György Ligeti. Excellents musiciens, ils partagent un même goût pour le répertoire contemporain et une certaine dose de dérision et de réjouissante folie…

Dans les années 70, alors que l’avant-garde décrète qu’il faut "faire sauter les maisons d’opéra", vues comme des temples de traditions éculées et ringardes, Ligeti veut montrer qu’il est possible de composer un anti-anti-opéra, qui donne tort tant aux partisans de l’opéra "figé" à l’ancienne qu’à ceux qui pensent que la modernité en musique exige l’abandon du genre.

Pour composer cet OVNI lyrique, Ligeti part de l’univers grotesque et morbide du Belge Michel De Ghelderode et de sa Balade du Grand Macabre. Astradamors, Spermando, Clitoria… Les seuls noms des personnages suffisent à planter le décor de cet ouvrage délirant.

Le chef de la Gepopo (une Gestapo burlesque ?), chef de la police, dans son air "Coding Zero", déploie un charabia qui semblerait bien absurde… s’il n’était pas la parodie parfaite (et très réaliste !) des délires de l’Etat sécuritaire, policier, autoritaire. "Motif zéro !" "Manifestations, ha !" "Hy-po-po-po-po-con-dri-e !" : les exclamations de ce gardien de l’ordre trahissent toutes les névroses du contrôle et de l’anxiété qui deviennent la seule langue que le pouvoir et le peuple partagent dans leur "dialogue" (?) social.

Et ce, jusqu’à la conclusion de l’air, un prémonitoire "Marche !" "Protestations, ha !" "Marche cible – Palais Royal !" "Palais !" qui a un parfum visionnaire d’assaut du Capitole…

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