A la limite

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Ces compositeurs fictifs, qui ont pu inspirer des œuvres bien réelles

Entre les romanciers qui ont préféré idéaliser les compositeurs qu’ils ont évoqués dans leurs ouvrages et les musiciens qui ont dû construire de faux compositeurs pour pouvoir emprunter de nouvelles voies, les compositeurs fictifs sont au centre de l’émission A la limite.

Giovanni Paolo Simonetti

Winfried Michel est un maître de la duperie musicale. Compositeur et flûtiste à bec allemand, ce dernier s’est amusé, au cours de sa carrière, à faire passer certaines de ses compositions comme étant des partitions d’autres compositeurs. Dans l’émission A la limite, consacrée aux Faussaires, déjà le nom de Winfried Michel était évoqué : c’est en effet lui qui avait réussi à persuader de grands noms de la musique comme Paul et Eva Badura-Skoda que des sonates qu’il avait composées étaient des œuvres perdues de Haydn. Ce n’est pas la seule facétie que s’est permise le compositeur et flûtiste allemand. Après avoir attribué ses propres compositions à un grand compositeur baroque, Michel a inventé un compositeur baroque du début du XVIIIe siècle, signant certaines de ses œuvres, en totale cohérence avec onomastique des compositeurs baroques, du nom d’un certain Giovanni Paolo Simonetti.

P.D.Q. Bach, le 21e fils de Jean-Sébastien Bach

Parmi les compositeurs inventés il en est un incontournable, P.D.Q Bach que la blague présente comme le 21e des 20 fils de Jean-Sébastien Bach. Ce compositeur est une invention du musicologue et compositeur américain Peter Schickele, réputé pour ses compositions satiriques et humoristiques. Peter Schickele est un spécialiste de la musique de Jean-Sébastien Bach.

De peur de duper qui que ce soit, Peter Schickele a donné à ce P.D.Q Bach des dates et lieu de naissance en inversant la chronologie, le faisant naître le 5 mai 1807 à Bade-Baden-Baden et le faisant mourir le 31 mars 1742 à Leipzig. La construction de ce drôle de personnage ne s’arrête pas à ses dates de naissance et de mort particulières. Peter Schickele lui a invité toute une histoire, relatée sur le site du musicologue et compositeur américain. Si la littérature a ses anti-héros, la musique classique a, elle aussi, son anti-compositeur en la personne – fictive – de P.D.Q Bach.

Sur le site, Peter Schickele présente le 21e fils de Bach en des termes peu élogieux, affirmant qu’il était appelé le "plagiaire maniaque du plus haut niveau" ou encore "le musicien le plus dangereux depuis Néron". Qualifié de menteur, de tricheur ou encore d’ivrogne, P.D.Q. Bach était également, selon Schickele dépourvu de talent musical, ce qui ne l’empêcha pas de composer de nombreuses œuvres, dont les noms comme Pervertimento pour Cornemuse, Bicyclette et Ballons ou encore L’enlèvement de Figaro démontrent tout l’humour et la dérision de Schickele.

Autre particularité de ce compositeur hors-norme, son penchant pour l’écriture de pièces pour instruments étranges, tels que la flûte d’égout pour gaucher, le piccolo à l’aneth ou encore le tuyau de douche.

Enfin, l'explication à ce drôle de nom qu'a affublé Peter Schickele à son personnage est simple : P.D.Q. sont les initiales de "Pretty Damn Quick", que l'on peut traduire par "sacrément vite".

Si vous voulez en apprendre encore plus ce compositeur fantasque, nous vous donnons rendez-vous sur le site de Peter Schickele.

Découvrez encore d’autres compositeurs fictifs en écoutant l’émission A la limite ci-dessous.

Vous avez aimé cet article ? Alors vous aimerez également l’émission "À la limite".

Cet article est tiré de l’émission "À la limite" produite par la Radio-Télévision Suisse (RTS), diffusée tout cet été sur Musiq3. Elle part aux confins de la grande musique pour venir au secours des œuvres délaissées par les têtes de gondole. Elle est aussi l’occasion d’écouter des morceaux qu’on ne retrouve pas dans les compilations de musique classique, faute d’avoir été consacrés "chefs-d’œuvre absolus".

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