Riccardo Minasi tire le Stabat Mater de Pergolesi vers l’expressivité de l’opéra

La discographie du Stabat Mater de Pergolesi est à peu près aussi peuplée de bonnes versions que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Chaque nouvel enregistrement sera donc scruté avec un mélange de scepticisme et de curiosité, et on se demandera légitimement ce qu’il apporte de neuf : un chef médiatique ? des voix exceptionnelles ? une édition critique ? Rien de tout cela, mais plein d’autres choses néanmoins qui, in fine, valent à ce disque d’être choisi par Musiq3.

Riccardo Minasi n’est pas une star de la baguette, ni d’ailleurs un baroqueux patenté. Mais ses enregistrements précédents avec son Ensemble Resonanz (Mozart, Haydn, C.P.E. Bach, mais aussi Eisler, Berg ou Schoenberg) ont prouvé qu’il est un esprit curieux, capable de remettre en cause certains usages. Ainsi, ses musiciens – sur instruments non anciens – ont enregistré ce disque en tempérament mésotonique, ce qui donne une sonorité plus chaude. Et les deux chanteuses (la soprano Giulia Semenzato et la mezzo-soprano Lucile Richardot, pas de contre-ténor ici) assument parfaitement le choix de tirer Pergolesi vers l’expressivité de l’opéra plus que vers la pureté de la musique sacrée.

Autre richesse de ce disque : ses compléments. Une fort belle sonata a quattro d’abord : signée Angelo Ragazzi, contemporain napolitain de Pergolesi (mais son aîné de trente ans), elle atteste de quelques influences communes. Mais aussi un très beau Salve Regina, longtemps attribué à Pergolesi mais qui s’avère être l’œuvre d’un certain Joan Rossell, compositeur catalan de talent.

CD Harmonia Mundi/Pias

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