Renaissance de la Phèdre de Jean-Baptiste Lemoyne, un des nombreux opéras français tombés dans l’oubli

Critique de Nicolas Blanmont

Sauf à le confondre avec un ministre français homonyme en charge des affaires européennes, on a oublié jusqu’au nom de Jean-Baptiste Lemoyne (1751-1796), compositeur venu du Périgord qui connut un certain succès à Paris dans les dernières années du XVIIIe siècle. Grand admirateur de Gluck (qui s’en méfiait), il laissa une quinzaine d’opéras, dont une Electre et cette Phèdre créée à Fontainebleau en 1786 d’après la tragédie éponyme de Racine dans un style qui, justement, rappelle le célèbre Chevalier.

Bien qu’ayant rencontré un certain succès à l’époque, cette Phèdre était tombée dans l’oubli jusqu’à ce que, sous l’impulsion de l’irremplaçable fondation Palazzetto Bru Zane, elle soit ressuscitée en concert à Budapest et enregistrée dans la foulée pour devenir le vingt-quatrième volume de la série de livres disques consacrés aux opéras français oubliés du XIXe siècle. Le rôle-titre, créé à l’époque par une cantatrice fameuse (Madame de Saint-Huberty) est tenu ici solidement par Judith Van Wanroij, entourée notamment par Julien Behr (Hippolyte) ou Tassis Christoyannis (Thésée). Nouvel acteur qui compte de plus en plus dans le milieu de la musique ancienne française, le chef hongrois György Vashegyi dirige avec enthousiasme et compétence son Orfeo Orchestra et le chœur Purcell.

2 cd Palazzetto Bru Zane/Outhere
 

Présentation de l’album