Lili Boulanger, compositrice à la carrière courte mais prolifique

La vie de Lili Boulanger est fulgurante. Talentueuse, repérée notamment par Fauré pour ses grandes facultés musicales, sa carrière est courte mais prolifique. Accumulant des problèmes de santé dès la plus tendre enfance, Lili n’atteindra pas sa 25ème année. Si ses œuvres continuent à être entendues, peut-être est-ce un peu aussi grâce à sa sœur Nadia qui fera tout pour que l’héritage laissé par Lili ne disparaisse jamais.

Lili naît en 1893 dans une famille où la musique occupe une place centrale. Le père, Ernest Boulanger, est compositeur mais aussi professeur de chant au Conservatoire. Sa mère, Raïssa Mischetzky venant d’une famille aux origines royales russes, est chanteuse amateur et épouse Ernest, qui était l’un de ses professeurs. Nadia Boulanger, sa sœur de six ans son aînée, deviendra aussi compositrice et pédagogue reconnue. Très tôt, son talent est repéré par Gabriel Fauré, ami de la famille. Il lui donne ses premières leçons de piano mais l’état de santé de Lili se dégrade. C’est à domicile qu’elle recevra ses cours de musique. La fugue et le contrepoint avec Georges Caussade, le violoncelle, le violon, le piano, l’orgue, mais aussi la harpe avec le grand harpiste et compositeur Alphonse Hasselmans.

Elle entre au Conservatoire de Paris dans la classe de composition de Paul Vidal en 1909. Très rapidement, elle publie ses premières œuvres et participe au Concours pour le Prix de Rome dès 1912. Elle se retire malheureusement de la compétition mais obtiendra le premier grand Prix de Rome en 1913 avec sa cantate Faust et Hélène sur un texte du poète français Eugène Adenis. C’est la première femme à remporter ce prix dans la musique, l’événement fera le tour des journaux. Sa sœur, Nadia, avait remporté le Second Grand Prix en 1909.

Son séjour à Rome dans la Villa Médicis sera écourté par l’éclatement en Europe de la Première Guerre Mondiale. De retour en France, elle crée avec Nadia Boulanger et le soutien d’un comité franco-américain du Conservatoire national la Gazette des classes de composition du Conservatoire, permettant aux musiciens soldats sur le terrain d’échanger des nouvelles.

Sa vie est pleine de rencontres mais aussi de compositions fortes aux harmoniques et couleurs innovantes qui influenceront de nombreux compositeurs, notamment Honegger. Lili Boulanger s’éteint en mars 1918 à seulement 24 ans, des suites d’une tuberculose intestinale. Lili a continué à composer jusqu’à la fin, dictant ses notes à sa sœur Nadia, comme pour son morceau Pie Jesu, dont le titre nous évoque une prière qui peut être entendue durant des obsèques au texte porteur d’espoir et de soulagement pour l’âme du défunt.

Toute sa vie, Nadia Boulanger s’attellera à mettre en lumière le répertoire de sa petite sœur jusqu’à créer l’Association des amis de Lili Boulanger en 1965, persistant aujourd’hui sous le titre de Centre International Nadia et Lili Boulanger. De nos jours, ce centre soutient les jeunes musiciens à travers, par exemple, l’octroi de bourses d’études. Il met également à disposition le patrimoine musical de Nadia et Lili Boulanger.

Sources :

Projet de l'UER, conçu et produit par la Radio Danoise pour la Journée Internationale des Droits des Femmes.

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Hildegarde von Bingen

Compositrice, femme de lettres, féministe avant l’heure et religieuse. Hildegarde entend des voix toute sa vie. Ce n’est que vers ses 40 ans qu’elle décidera enfin de consigner par écrit ses visions et messages divins que les voix lui confessent. Scivias : Sache les voies du Seigneur. Entre ses écrits religieux, ses écrits touchant la médecine, son implication dans la politique de l’époque, elle composera également près de 70 chants liturgiques, hymnes ou séquences.

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Francesca Caccini

Chez les Caccini, la musique est une affaire familiale. Le père, Giulio, est un compositeur au service de la famille Médicis à Florence et toutes les femmes de la famille sont chanteuses. C’est dans ce milieu faste que Francesca Caccini connaîtra une carrière de musicienne et compositrice au service de grandes familles. Dans son œuvre se cacherait le premier opéra composé par une femme.

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Émilie Mayer

Compositrice allemande de musique instrumentale la plus prolifique du XIXe siècle, Emilie Mayer est très jeune plongée dans la musique.

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Cécile Chaminade

Compositrice française reconnue dans le monde entier même à son époque, élève de Félix Le Couppey et de Benjamin Godard, Cécile Chaminade laisse près de 400 œuvres, notamment des suites pour orchestre, un opéra-comique mais aussi une large œuvre pour la musique de chambre.

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Amy Beach

Amy Beach est une compositrice née à la fin du XIXe siècle qui participera à la création d’un véritable style classique américain. Première compositrice américaine à avoir une symphonie publiée, elle tentera toute sa vie de donner conseils aux autres femmes désireuses de vivre de leur musique et participera à la création de la Société des Femmes Compositrices Américaines en 1925.

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Florence Price

Compositrice, pédagogue, Florence Price se bat pour faire jouer sa musique par de grands orchestres. Et elle y arrivera. Elle est la première femme afro-américaine à avoir une symphonie jouée par un orchestre réputé : l’Orchestre Symphonique de Chicago en 1933.

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