Cécile Chaminade, pianiste et compositrice prodige

Compositrice française reconnue dans le monde entier même à son époque, élève de Félix Le Couppey et de Benjamin Godard, Cécile Chaminade laisse près de 400 œuvres, notamment des suites pour orchestre, un opéra-comique mais aussi une large œuvre pour la musique de chambre.

C’est très tôt que sa mère, pianiste et chanteuse remarquable, repère le talent et la sensibilité musicale qui animent Cécile Chaminade. "Mon petit Mozart", c’est ainsi que Georges Bizet, ami de la famille, la surnomme. Il conseille à la famille de vivement la faire entendre par Félix Le Couppey, professeur de piano au Conservatoire qui lui offrira une place dans sa classe réservée aux filles, que son père refusera. Les Chaminade sont, en effet, une famille bourgeoise et dans ce milieu "les filles sont destinées à être épouses et mères", selon le père.

Mais Bizet ne lâche pas et Cécile suit alors des cours privés avec Félix Le Couppey, Augustin Savard et Benjamin Godard (pour la composition).

Parmi ses compositions, près de 200 pièces pour piano entre ses œuvres pour orchestre, ses concertos ou encore sa musique de chambre.

Profitant de l’absence de son père parti en voyage, c’est à la Salle Pleyel qu’elle se produira pour la première fois avec un ensemble de chambre interprétant du Beethoven et du Widor. Camille Sant-Saëns mais aussi Emmanuel Chabrier lui trouvent un véritable talent, tandis que Bizet continue à l’inciter à se présenter au Conservatoire.

Elle épouse un éditeur de musique en 1901, jusqu’à la mort de ce dernier en 1907.

En 1908, elle se produit aux Etats-Unis avec l’Orchestre de Philadelphie. Les critiques sont élogieuses lors de ses tournées européennes et Cécile est appréciée aussi bien en France qu’en Angleterre, où elle est à chaque fois invitée à séjourner auprès de la Reine Victoria.

This is not a woman composer, this is a composer who is a woman !

Ambroise Thomas.

En disant ces mots, Ambroise Thomas souligne quelque chose de significatif de l’époque : les compositeurs reconnus par leurs pairs étaient des hommes. Cette phrase en anglais était donc un compliment envers la compositrice : elle était tellement bien considérée qu’elle était vue comme égale aux hommes.

"[La musique de Chaminade] a une certaine délicatesse et grâce féminines, mais elle est étonnamment superficielle et manque de variété… Mais dans l’ensemble, ce concert a confirmé la conviction de beaucoup que si les femmes peuvent voter un jour, elles n’apprendront jamais à composer quelque chose qui en vaille la peine. Toutes semblent superficielles quand elles écrivent de la musique…" - New York Evening Post, à propos d’une performance au Carnegie Hall en 1908.

Dans cet article, ce que l’on reproche tout de suite à Cécile Chaminade, c’est d’être une femme. Elle serait superficielle, comme il est d’usage de l’être quand on est une femme. Cette critique si facile la suivra toute sa vie et détériorera très certainement sa réputation qui décline durant le XXe siècle. Peut-être est-ce dû à ces avis durs et injustes qui la réduisent au rang de femme superficielle dont la musique serait trop féminine pour être comparée à celle des hommes et peut-être également à cause d’un désintérêt pour la musique romantique tardive. Mais aux Etats-Unis, elle a suscité un tel engouement que de nombreux clubs sont créés à son nom : Chaminade Clubs. Là-bas, des femmes aspirantes compositrices et musiciennes se rejoignent.

Durant la première guerre mondiale, elle met de côté sa carrière de compositrice pour diriger un hôpital londonien. Par la suite, Cécile Chaminade se fera rare, ne se produisant plus en public mais composant certaines fois.

Projet de l'UER, conçu et produit par la Radio Danoise pour la Journée Internationale des Droits des Femmes.

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