Visionnez "Tristan und Isolde", l’hymne wagnérien à l’amour et à la mort

Impossible de passer du bon temps à l’opéra à cause de la quarantaine ? Qu’à cela ne tienne ! La Monnaie vous invite à découvrir en ligne "Tristan und Isolde", le chef-d’œuvre de Richard Wagner, ainsi que 6 autres opéras remarquables. Ils sont accessibles gratuitement en ligne jusqu’au 19 avril.

Si vous ne venez pas à l’opéra, c’est l’opéra qui viendra à vous ! Contrainte à annuler de nombreux événements en raison de l’épidémie de Covid19, la Monnaie, comme bien d’autres établissements culturels, a choisi de vous proposer une offre culturelle riche et variée, accessible gratuitement sur son site web. Pour vous aider à choisir, nous vous proposons de redécouvrir un classique : le grand opéra wagnérien "Tristan und Isolde".

L’histoire romanesque de Tristan et Yseult, riche d’une très vaste tradition littéraire, n’a cessé de faire rêver petits et grands depuis près de 1000 ans. De nombreuses versions de l’œuvre existent, parfois à l’état de simples fragments. Dans la version de Wagner, Tristan amène en Cornouailles la fille du roi d’Irlande, Isolde, pour la marier au roi Marke, son suzerain. Lors du voyage en bateau, Isolde et Tristan boivent à leur insu un puissant philtre d’amour qui les lie à jamais. Mais leurs amours secrètes sont malheureusement révélées au roi Marke par le traître Melot, un chevalier ami de Tristan, mais terriblement jaloux de son amour pour Isolde. Il blesse Tristan à mort. Le jeune homme s’éteint dans les bras de sa bien-aimée Isolde, qui l’accompagne dans la mort.

L'amour jusqu'à la saturation

A l’origine, l’adaptation de ce chef-d’œuvre à l’opéra procède de la volonté de Richard Wagner de consacrer un opéra à la thématique de l’Amour vrai. Sur son site, la Monnaie rappelle les mots du compositeur, dans une lettre envoyée à Liszt en 1854 : "Comme, dans mon existence, je n’ai jamais connu le vrai bonheur de l’amour, je veux élever au plus beau de tous les rêves un monument où, du début à la fin, cet amour s’accomplira cette fois vraiment jusqu’à la saturation". C’est donc bien de l’amour total qu’il est question. Celui qui s’accomplit sans mesure, jusqu’à l’excès, jusqu’à la mort finale des protagonistes qui, au lieu de les séparer, semble enfin les réunir. Rappelons que dans plusieurs versions de l’histoire, un rosier pousse sur la tombe d’Yseult et une vigne sur celle de Tristan, et les deux plantes s’emmêlent à tel point qu’on ne peut plus les séparer.

On ne s’étonnera guère d’une telle ambition dans le chef du compositeur de la démesure. L’opéra, conçu comme un long dialogue entre les deux amants, ouvre de nouvelles voies sur les plans harmoniques, mélodiques et esthétiques. Pour rendre justice à cette œuvre grandiose et innovante, dans le cadre de sa représentation à la Monnaie en mai 2019, le réalisateur Ralf Pleger a proposé une mise en scène visant à accomplir le lien étroit qui existe chez Wagner entre le texte et la musique. Pour ce faire, il a travaillé en étroite collaboration avec le plasticien Alexander Polzin, chargé des décors. C’est l’orchestre symphonique de la Monnaie qui anime l’œuvre, sous la baguette d’Alain Altinoglu, secondé par le chœur d’hommes de la Monnaie.

Les 7 opéras, dont "Tristan und Isolde" peuvent être visionnés intégralement sur le site de la Monnaie jusqu'au 19 avril. Pour plus d'informations sur cette offre, consultez l'article de Céline Dekock sur le sujet. 

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