Récital pour cordes et bovins : quand des vaches sont élevées au son de la musique classique

La scène se déroule quelque part dans la campagne danoise, dans le village de Lund, à quelques kilomètres de Copenhague : huit jeunes violoncellistes, étudiants à l’Ecole scandinave de violoncelle, ont donné un concert dans une grange pour un public aussi privilégié qu’original : des vaches Hereford rousses et blanches.

Alors que la plupart des musiciens européens sont encore privés de public, les élèves de l’école scandinave de violoncelle, situé à quelques kilomètres de Copenhague ont eu le plaisir de livrer un récital pour un public très particulier. Habillés de leur tenue de concert, assis en arc de cercle dans une grange, leurs pics de violoncelle plantés dans la paille, ils ont donné un concert pour une dizaine de vaches Hereford qui, visiblement, ont apprécié leur dîner concert.

Si la scène prête à sourire, elle est le résultat d’une récente collaboration nouée entre Jacob Shaw, violoncelliste britannique et fondateur de la Scandinavian Cello School, et un couple d’agriculteurs et éleveur de bétail locaux, passionnés de musique classique. Depuis l’automne 2020, les élèves de l’école viennent donner des concerts privés aux vaches qu’élèvent Mogens et Louise Haugaard et lorsqu’ils ne viennent pas sur place, des haut-parleurs diffusent une fois par jour du Mozart pour leurs protégées ruminantes, qui sont maintenant habituées à écouter de la musique classique en mangeant.

Interrogé par le New York Times, Mogens Haugaard disait : "La musique classique est très bonne pour les humains. Cela nous aide à nous détendre et les vaches peuvent dire si nous sommes détendus ou non. Il est logique qu’elles se sentent bien aussi [en écoutant de la musique classique]."

Lors du dernier concert en date, les huit violoncellistes ont joué, notamment la Rhapsodie hongroise de Liszt, l’Hymne de l’Amour d’Edith Piaf et le Pezzo Capriccioso de Tchaïkovski, une prestation qui a été couronnée de meuglements soutenus en guise d’applaudissements sonores. Un des violoncellistes a également expliqué que les vaches commencent à se forger leurs goûts musicaux. Ainsi, elles ne semblent pas aimer la musique de Dvorak, elles se sont d’ailleurs désintéressées un instant du concert lors de l’interprétation d’une des œuvres du compositeur de la Symphonie du Nouveau-Monde. Elles ne l’ont peut-être pas trouvé assez é-meuh-vant ?

Blague à part, cette collaboration entre l’école et la ferme des Haugaard va continuer, pour le plus grand plaisir des oreilles bovines.

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